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À Paris, un rempart vieux de 2.000 ans relance la quête de Lutèce

Un mur d’enceinte d’une vingtaine de mètres, enfoui depuis plus de deux millénaires, vient d’être exhumé sous l’Hôtel-Dieu, au cœur de Paris. S’il s’avère…

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À Paris, un rempart vieux de 2.000 ans relance la quête de Lutèce

Un mur d’enceinte d’une vingtaine de mètres, enfoui depuis plus de deux millénaires, vient d’être exhumé sous l’Hôtel-Dieu, au cœur de Paris. S’il s’avère gaulois, il pourrait enfin localiser Lutèce, la cité des Parisii, sur l’île de la Cité.

Depuis des générations, les archéologues en rêvaient sans jamais y croire vraiment. Cet été, à quatre mètres sous une cour de l’ancien hôpital de l’Hôtel-Dieu, une équipe est tombée sur un rempart de pierre et de bois. Long d’une vingtaine de mètres, haut d’à peine un mètre, l’ouvrage était resté enfoui pendant plus de deux mille ans. « C’est vertigineux de se retrouver ici et de découvrir l’origine probablement de la ville de Paris », lâche le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, après l’avoir observé.

Car derrière ce mur se cache peut-être la réponse à une énigme qui tient en haleine les spécialistes depuis toujours. Où se trouvait exactement Lutèce avant que Jules César ne s’empare de la ville en 52 avant notre ère ? Jusqu’ici, personne n’a pu trancher. Les seuls indices provenaient du récit du conquérant romain, qui évoquait une île reliée et installée dans une boucle de la Seine. Ce rempart, s’il est bien gaulois, apporterait la première preuve matérielle d’une place forte dressée sur l’île de la Cité.

D’autres détails troublent les chercheurs. Sur un fragment du mur, des traces d’incendie font écho au récit de la bataille de Lutèce, où les Gaulois ont eux-mêmes mis le feu à leurs installations avant d’affronter les Romains. Ces derniers ont ensuite occupé la ville pendant plus de cinq siècles. Les fouilles ont aussi livré des débris d’amphores et un fer de lance. « On ne peut pas exclure de nouvelles surprises », prévient David Couturier, qui dirige les opérations.

Les analyses au carbone 14 situent d’ores et déjà la construction entre 200 et 10 avant notre ère, et des études complémentaires doivent conforter ces premières pistes. La technique employée, typique des fortifications gauloises de la fin de l’âge du Fer, ne laisse guère de place au doute. « Tous nos prédécesseurs en ont rêvé », souffle Dorothée Chaoui-Derieux, coordinatrice des opérations d’archéologie à Paris. Son collègue Julien Avinain résume la démarche. « Comme tous les chantiers archéologiques, on commence par les plus hautes, donc les plus récentes. Au fur et à mesure, on s’est éloigné dans le temps. »

La découverte, qualifiée de majeure, doit beaucoup au hasard. Elle est survenue lors de fouilles lancées dans le cadre de la restructuration de la partie hospitalière de l’Hôtel-Dieu, après un diagnostic mené en 2019. Les investigations vont se poursuivre plusieurs mois encore. Dans les prochaines semaines, un moulage du rempart sera réalisé, avec l’espoir d’y intégrer des pierres de parement d’origine, prélevées avec précaution tant l’édifice est fragile. À terme, une partie reconstituée doit être présentée au public dans un musée parisien. De quoi, peut-être, faire remonter tout Paris à ses racines gauloises.

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