Europe
Mansur Yavas quitte le CHP et choisit de poursuivre sa route en indépendant
Le maire d’Ankara, figure incontournable de l’opposition turque, a annoncé cette semaine qu’il renonçait à son parti pour avancer sans étiquette. Un…


Le maire d’Ankara, figure incontournable de l’opposition turque, a annoncé cette semaine qu’il renonçait à son parti pour avancer sans étiquette. Un départ de plus pour une formation déjà secouée par l’éviction de son chef et par une pression judiciaire grandissante.
Le maire d’Ankara a décidé de couper les ponts avec sa famille politique. Mansur Yavas a annoncé cette semaine qu’il quittait le Parti républicain du peuple, la formation historique de l’opposition turque, et qu’il entendait désormais mener son parcours en indépendant. C’est sur X qu’il a rendu sa décision publique, expliquant renoncer à son adhésion au CHP. Il a aussi tenu à rassurer les habitants de la capitale. En tant que maire de la municipalité métropolitaine d’Ankara, il continuera de servir tous les Ankaris, quelles que soient leurs opinions politiques, avec la même bienveillance.
Son parcours pèse lourd dans la balance. Yavas avait rejoint le CHP en 2013, après une longue carrière politique menée au sein de différents partis nationalistes. Il dirige Ankara depuis 2019. En 2024, les électeurs lui ont renouvelé leur confiance avec 60,4 % des suffrages, un score qui en dit long sur sa popularité locale. Deux ans plus tôt, lors de la présidentielle de 2023, son nom avait été avancé comme candidat à la vice-présidence, aux côtés du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, aujourd’hui en détention. Pour la présidentielle prévue en avril 2028, il revient régulièrement dans les listes de candidats possibles côté opposition.
Sa décision tombe dans une période délicate pour le CHP. Le parti encaisse depuis plusieurs mois une pression judiciaire croissante. Son chef, Özgür Özel, a été écarté de ses responsabilités en mai par une décision de justice. Il a ensuite fondé en juillet une nouvelle formation, le Yeni Parti, avec le renfort de 91 députés. Au moment de son éviction, il avait dénoncé une manœuvre du gouvernement visant à favoriser le Parti de la justice et du développement, l’AKP islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan, à l’approche du scrutin de 2028.
Özel s’est félicité de la démission du maire d’Ankara. Il a reproché au CHP de chercher à le soumettre aux caprices d’une administration nommée au pouvoir. Ce départ intervient après une séquence pourtant faste pour la formation. Sous la direction d’Özel, le CHP avait remporté une victoire écrasante aux élections municipales de 2024, devançant largement l’AKP du président Erdogan. La suite a été nettement plus rude, avec des centaines de responsables du parti arrêtés pour des faits présumés de corruption, dont le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu.
Pour l’opposition turque, l’enjeu est de taille. Imamoglu comme Yavas sont considérés comme deux des rares personnalités capables de faire tomber Erdogan dans les urnes, à condition que le scrutin soit libre et juste. Le maire d’Ankara joue désormais sa carte seul, sans étiquette, à un moment où son ancien parti cherche encore sa direction et son cap.
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