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Le pape Léon XIV débute en France quatre jours d’une rare intensité

Des centaines de milliers de fidèles attendus, un déploiement hors norme et plusieurs sujets brûlants. Le pape Léon XIV démarre vendredi une visite…

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Le pape Léon XIV débute en France quatre jours d'une rare intensité

Des centaines de milliers de fidèles attendus, un déploiement hors norme et plusieurs sujets brûlants. Le pape Léon XIV démarre vendredi une visite d’envergure en France, à un moment charnière pour une Église catholique en quête de souffle.

Voilà un déplacement que le pays n’avait plus connu depuis Benoît XVI, en 2008. Léon XIV arrive vendredi pour quatre journées qui s’annoncent intenses, avec trois étapes, Paris, Lourdes dans le Sud-Ouest, puis Metz dans le Nord-Est. L’organisation voit les choses en grand, entre un budget de 27 millions d’euros et des milliers de membres des forces de l’ordre mobilisés sur le terrain.

Le pape, Américain de 71 ans au style plus sobre que son prédécesseur argentin François, garde un lien intime avec l’Hexagone, sa grand-mère paternelle étant née au Havre. Les cloches des églises sonneront sept minutes dans tout le pays au moment de son arrivée. Le rythme promet ensuite d’être effréné. Au menu, une rencontre avec Emmanuel Macron à l’Élysée, un discours à l’Unesco, une balade en papamobile dans la capitale, des vêpres à Notre-Dame et une grande veillée avec 80 000 jeunes au Stade de France, dont les billets ont disparu en une demi-heure.

La visite survient dans une Église catholique affaiblie par des décennies de sécularisation, qui ne rassemble plus que trois millions de pratiquants réguliers. Elle gagne pourtant en visibilité, portée par une progression de 28% des baptêmes d’adultes en cinq ans, par un dynamisme certain dans certains quartiers populaires et par un engouement nouveau pour les pèlerinages et les grands rassemblements. Depuis quarante ou cinquante ans, la France fonctionne comme un laboratoire de ce que devient le catholicisme dans les démocraties occidentales, avec le passage d’une foi héritée à une foi choisie.

Les sujets abordés couvriront un large spectre, de la lutte contre les violences sexuelles à l’intelligence artificielle, en passant par les questions migratoires, la défense de la vie et la paix en Europe. Le tout à sept mois d’une élection présidentielle où l’extrême droite apparaît en position de force, dans un pays où les débats sur la laïcité restent tendus.

À Lourdes, deuxième haut lieu de dévotion catholique au monde après Rome, les violences sexuelles devraient occuper le devant de la scène. Une rencontre privée avec sept victimes est très attendue, alors que des collectifs non reçus dénoncent ce choix. Dans la basilique, les mosaïques du prêtre slovène Marko Rupnik, visé par des accusations d’agressions sexuelles, ont été recouvertes pour la circonstance. Le pape y célébrera une messe géante sur la prairie du sanctuaire. Beaucoup de fidèles espèrent qu’il poussera l’Église à poursuivre le travail de réforme et de purification entamé.

Dernière étape lundi, à Metz, où le concordat signé par Napoléon Ier en 1801 reste en vigueur. La tonalité y sera plus diplomatique, avec un discours consacré à l’Europe et à la paix, auquel sont conviés les chefs d’État et de gouvernement des 26 autres pays de l’Union européenne, sur fond de relations transatlantiques dégradées et de guerre en Ukraine.

À Paris, un autel monumental est déjà dressé place de la Concorde pour la messe de samedi, qui devrait attirer plus de 600 000 fidèles, débordant jusque sur les Champs-Élysées. Un écho aux foules immenses des huit visites de Jean-Paul II entre 1980 et 2004. Devant Notre-Dame, Estelle, 60 ans, attend un message de paix, et sa fille Julie, 24 ans, se réjouit de ce voyage, rappelant que le précédent pape n’était pas venu. En douze ans de pontificat, de 2013 à 2025, François avait en effet évité tout déplacement officiel et décliné l’invitation à Notre-Dame pour sa réouverture fin 2024, un choix qui avait laissé des fidèles perplexes. Le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio, y voit un tournant, persuadé que Jean Paul II a réveillé l’est et que Léon réveillera l’ouest et l’Occident.

Contrairement à Marseille en 2023, le président français n’assistera à aucune messe. Il sera représenté par le ministre Sébastien Lecornu, tandis que son épouse Brigitte Macron sera présente à Paris.

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