Politique
Ségolène Royal sous pression dès le premier débat de la primaire de gauche
Cinq prétendants à l’investiture social-démocrate se sont retrouvés pour la première fois face aux Français. Sur l’Ukraine comme sur Gaza, Ségolène Royal…


Cinq prétendants à l’investiture social-démocrate se sont retrouvés pour la première fois face aux Français. Sur l’Ukraine comme sur Gaza, Ségolène Royal a dû encaisser les critiques de ses rivaux.
Ils étaient cinq sur le plateau, avec un seul objectif en tête. Convaincre que l’on est le mieux placé pour porter les couleurs de la gauche social-démocrate à la prochaine présidentielle. Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont donc accepté l’exercice du premier débat télévisé de la primaire, pensé sur un format d’échange direct avec les citoyens. Le vote, étalé sur les 9-10 et 16-17 octobre, doit désigner leur candidat commun.
Le dossier ukrainien a très vite fait monter la température. Ségolène Royal a défendu l’idée de s’asseoir à la table des négociations avec Moscou pour sortir du conflit. L’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 a plaidé pour qu’on aide Kiev à décrocher une paix qu’elle veut juste et durable, en dénonçant le procès qui lui est fait chaque fois qu’elle prononce le mot paix, celui de passer pour une admiratrice de Vladimir Poutine. La réponse est tombée sans détour. Pour Raphaël Glucksmann, le maître du Kremlin n’a aucune intention de discuter avec les Européens. Il faut au contraire tenir bon et soutenir les Ukrainiens, car leur front est aussi le nôtre, a-t-il argué. Jérôme Guedj a, lui, pointé un flottement chez sa concurrente.
Le soupçon ne date pas d’hier. Au début de l’invasion russe, en 2022, Ségolène Royal avait mis en doute la réalité de certains massacres, avant de présenter ses excuses. Depuis, l’étiquette de complaisance envers le Kremlin lui colle à la peau. Elle l’a rejetée une nouvelle fois.
La séquence sur le Proche-Orient a été tout aussi tendue. L’intéressée a soutenu que la montée de l’antisémitisme ne découlait pas d’Israël mais de ses dirigeants actuels, ajoutant qu’il faudrait davantage de voix juives et israéliennes pour qualifier d’intolérable ce qui se joue à Gaza. Une sortie jugée incroyable par Jérôme Guedj, pour qui renvoyer les Juifs à l’obligation de se justifier du gouvernement israélien revient à essentialiser le conflit. Raphaël Glucksmann a embrayé, estimant qu’un tel discours mène à voir des familles traitées de génocidaires dans la rue à cause d’une kippa. Ségolène Royal a répliqué en dénonçant des caricatures et des procès d’intention.
Reste un clivage plus net encore. Olivier Faure veut que le terme de génocide soit employé pour décrire ce qui se passe à Gaza. Un mot lourd, avec des conséquences lourdes, insiste-t-il, et c’est précisément ce poids qui permettrait de dire stop au massacre. Raphaël Glucksmann, lui, refuse ce qualificatif. Les échanges ont aussi révélé des désaccords sur le prix des carburants, les retraites ou la dette.
Cette primaire se fera en tout cas sans Philippe Brun. Le député de l’Eure, qui disposait de ses parrainages, a été suspendu la semaine dernière à titre conservatoire par le Parti socialiste, et donc écarté du processus, après des accusations de violences visant une ancienne collaboratrice. Il a saisi la justice en référé pour réintégrer la course, en dénonçant un coup monté de la direction. Il a été débouté deux fois, d’abord en première instance puis en appel. La juridiction a considéré qu’il ne pouvait pas sérieusement affirmer que les statuts du parti n’avaient pas été respectés, et a relevé qu’un signalement existait bien à la date indiquée, ce qui contredit ses accusations de manœuvres trompeuses. Le PS s’est félicité de cette décision.
Ce rendez-vous n’était qu’une mise en bouche, deux autres suivront. L’ambition affichée est d’élargir au maximum le corps électoral et d’intéresser le grand public. Les organisateurs espèrent au moins 100 000 votants. Un chiffre qui reste loin des 2,6 à 2,8 millions de participants à la primaire ayant porté François Hollande en 2012.
À lire aussi





PolitiqueEn Ligne 2 joursMélenchon mène une campagne en retrait, avec des discours écrits au millimètre



ÉconomieEn Ligne 5 joursLidl France change de patron et surprend ses propres équipes



PolitiqueEn Ligne 3 joursSégolène Royal compare Raphaël Glucksmann à un stagiaire à la tête du pays



EuropeEn Ligne 5 joursHuit pays des Carpates font bloc autour de l’Ukraine



CultureEn Ligne 2 joursCatherine Ringer, la voix libre des Rita Mitsouko, s’est tue



ÉconomieEn Ligne 5 joursSécheresse. Les lave-autos à l’arrêt réclament la même clémence que les golfs



ÉconomieEn Ligne 1 jourVotre employeur pourra bientôt verser jusqu’à 1 000 euros de prime carburant



SociétéEn Ligne 7 joursLes pêcheurs bloquent de nouveau dépôts et ports pour dénoncer le prix du carburant








