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Des chevreuils stressés aux renards affamés, les victimes invisibles du mégafeu des Landes
Un centre de soins de la LPO à Audenge accueille depuis des semaines des animaux épuisés par les flammes, la chaleur et la soif. Dans l’ombre, une petite…


Un centre de soins de la LPO à Audenge accueille depuis des semaines des animaux épuisés par les flammes, la chaleur et la soif. Dans l’ombre, une petite équipe se bat pour les sauver.
Dans une cage du centre de soins de la LPO à Audenge, près du bassin d’Arcachon, un jeune chevreuil a la tête cachée sous une serviette de bain. La vétérinaire Beatriz Pessoa explique que l’animal panique moins quand il ne voit pas les humains. Il est arrivé après les incendies qui ont menacé la commune, mais impossible de dire s’il a été directement touché par les flammes. Une certitude, son comportement trahit un stress profond. Une fois sorti de la cage, il saute dans tous les sens et longe le grillage sans s’arrêter. Maëlis Vermorel, coordinatrice du centre, décrit des mouvements répétitifs, des stéréotypies qui signent une détresse.
Depuis le début du gigantesque incendie, la plupart des chevreuils recueillis n’ont pas survécu. Le stress de la capture a provoqué chez eux une myopathie qui détruit les muscles. Plusieurs animaux sont morts en 48 heures malgré les soins. D’autres étaient dans un tel état que les soigneurs ont choisi d’abréger leurs souffrances. La sécheresse avait déjà fragilisé les populations sauvages. L’incendie a été une double peine. Les plus jeunes n’ont pas réussi à s’échapper et les plus gros étaient impossibles à attraper, résume la coordinatrice. Le centre lui-même, menacé par les flammes, a dû être déplacé à Tonneins fin juillet, avant de rouvrir cette semaine à Audenge.
Dans une volière, deux milans noirs volent en rond. Ils ont été recueillis très jeunes pendant la canicule, et l’un d’eux est presque prêt à repartir dans la nature. La vétérinaire enchaîne les soins sur des oiseaux, des chauves-souris, des crapauds. Un renard prend place sur la table d’opération, quelques minutes après un hérisson à la patte blessée. Il ne pèse que 1,4 kilo et a le crâne perforé. Les soigneurs cherchent d’abord à le réhydrater, mais ils ne sauront jamais ce qui lui est arrivé. Il a pu être désorienté, attaqué ou tout simplement affamé. Chaque année, le centre accueille environ 6 000 animaux. L’incendie a réduit en fumée 42 000 hectares de forêt, autant d’abris et de garde-manger pour la faune locale. Certaines espèces ne reviendront pas de sitôt dans les zones brûlées, et trouver de quoi se nourrir sera encore plus difficile.
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