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Un sanctuaire souterrain de 29 grottes va naître en Ariège

À partir de 2027, les entrailles de la montagne ariégeoise deviennent un espace protégé. Protéger les trésors des cavités et les faire découvrir au…

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Un sanctuaire souterrain de 29 grottes va naître en Ariège

À partir de 2027, les entrailles de la montagne ariégeoise deviennent un espace protégé. Protéger les trésors des cavités et les faire découvrir au public, voilà le défi.

Le projet a germé au début des années 2000. Il a été relancé en 2019 dans le cadre de la stratégie nationale des aires protégées, dont le but est de classer 30 % du territoire français sous protection. Dans les Pyrénées ariégeoises, cette ambition se traduit par une première, un réseau de 29 grottes réparties sur 32 communes qui va être regroupé dans une réserve naturelle nationale.

La grotte du Mas d’Azil a de quoi impressionner. Explorée dès 1887, classée Monument historique en 1942, elle déroule une galerie principale d’environ 420 mètres. Les archéologues y ont relevé des traces d’occupation humaine entre 40 000 et 14 000 ans avant aujourd’hui. Elle séduit déjà des dizaines de milliers de touristes par an. Le maire de la commune, Raymond Berdou, espère que la réserve fera grimper la fréquentation jusqu’à 50 000 visiteurs.

Tout le monde ne voit pas ce projet d’un bon œil. Raymond Berdou craint des contraintes trop fortes sur les activités locales, comme le saut à l’élastique ou les feux d’artifice. Le conseil départemental a d’ailleurs rendu un avis défavorable. Mais la sous-préfète chargée du dossier veut rassurer. Elle explique que les activités existantes continueront et que la peur de ne plus rien pouvoir faire est exagérée.

La recherche scientifique occupe une place centrale dans ce futur espace protégé. À Moulis, une grotte-laboratoire aménagée en 1954 sert de terrain d’étude depuis des décennies. Les chercheurs du CNRS s’intéressent aux chauves-souris, au calotriton, aux insectes et aux araignées. Ils cherchent à comprendre comment ces espèces survivent dans l’obscurité permanente. La réserve devrait offrir un environnement idéal pour approfondir ces travaux et les faire connaître au public.

Le réchauffement climatique n’épargne pas non plus le sous-sol. Les scientifiques observent des changements dans la disponibilité de la ressource en eau, ce qui fragilise des espèces souterraines très sensibles. Certaines trouvent pourtant dans les grottes un véritable refuge. Ce réseau protégé permettra de suivre ces transformations de près.

Les étapes administratives ne sont pas terminées. La commission d’enquête publique a donné un avis favorable en novembre 2025. Le dossier doit encore passer devant la commission départementale de la nature des sites et des paysages, le Conseil national de la protection de la nature et le Conseil d’État. La publication du décret au Journal officiel est attendue en 2027.

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