Planète
Amazon installe une centrale à gaz géante au Texas pour faire tourner ses serveurs
L’installation pourrait devenir la première source d’émissions de gaz à effet de serre du pays. Elle alimentera exclusivement des centres de données…


L’installation pourrait devenir la première source d’émissions de gaz à effet de serre du pays. Elle alimentera exclusivement des centres de données consacrés à l’intelligence artificielle.
Ce genre de construction donne le vertige. Sur un terrain aride du comté de Pecos, au Texas, non loin de la frontière mexicaine, Amazon prévoit d’installer 35 turbines. Leur puissance cumulée atteint 7,65 gigawatts, soit plus de quatre fois celle du réacteur EPR de Flamanville. Aucune centrale à gaz en activité aux Etats-Unis ne fait mieux. Selon les autorisations accordées, le site pourrait rejeter plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année, un volume supérieur à celui de toute autre infrastructure du pays. Le géant de la tech a confirmé vendredi ce projet, baptisé GW Ranch.
Pourquoi une telle installation? Parce que les serveurs qui font tourner l’intelligence artificielle ont une soif d’électricité presque illimitée. Pour répondre à cette demande dans l’urgence, les grandes entreprises du numérique multiplient les centrales dédiées, construites juste à côté de leurs data centers et jamais branchées sur le réseau public. Elles fonctionnent comme d’immenses groupes électrogènes. Le cabinet Cleanview, qui suit ce secteur par images satellites, a ainsi relié GW Ranch à trois permis de centres de données déposés cette semaine dans la même zone aride.
Amazon assume ce choix. Son porte-parole insiste sur un point. L’entreprise paiera l’intégralité du coût réel de son alimentation électrique, ce qui ne fera pas augmenter les factures des foyers texans. Il ajoute que le site explore l’ajout de panneaux solaires et utilisera de l’eau non potable pour éviter de puiser dans les réserves locales. Amazon rappelle aussi son engagement à atteindre la neutralité carbone d’ici 2040. Mais ce projet interroge. Les centrales au gaz, même moins polluantes que le charbon, émettent de grandes quantités de CO2. Sans compter les fuites de méthane liées à l’extraction du gaz naturel. Et leurs rejets de particules fines et de gaz toxiques posent des questions de santé publique. Le Texas devient ainsi le théâtre d’un dilemme de plus en plus visible. La course à l’IA exige une énergie massive, et ses conséquences climatiques se dessinent dans le paysage.
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