Faits Divers
François Bayrou attendu jeudi, sa relaxe plus fragile que jamais
François Bayrou doit être interrogé jeudi après-midi par la cour d’appel de Paris dans le dossier des assistants d’eurodéputés du MoDem. Relaxé en…


François Bayrou doit être interrogé jeudi après-midi par la cour d’appel de Paris dans le dossier des assistants d’eurodéputés du MoDem. Relaxé en première instance, le patron centriste repasse cette fois devant des juges qui ne lui font aucun cadeau.
L’ancien Premier ministre est poursuivi pour complicité de détournement de fonds publics au préjudice du Parlement européen. Il y a deux ans, le tribunal correctionnel de Paris l’avait relaxé. Les juges avaient certes reconnu que plusieurs assistants d’eurodéputés MoDem, rémunérés sur fonds européens, travaillaient en réalité pour le seul parti. Mais ils avaient écarté la thèse d’un « système » et relevé qu’aucune pièce ne démontrait que le triple candidat malheureux à la présidentielle avait demandé aux cinq députés européens « d’employer fictivement des assistants parlementaires ».
À l’ouverture du procès en appel, il y a quinze jours, François Bayrou affichait sa sérénité. Le leader centriste se disait « profondément confiant que la cour va prendre en compte les mêmes éléments et confirmer le jugement » de première instance. Sauf qu’après neuf journées d’audience, le climat n’a plus rien à voir. C’est avant tout comme prévenu qu’il comparaît désormais, sa relaxe n’ayant en rien allégé les charges qui continuent de peser sur lui.
Sur la forme, il a déjà pu éprouver les remontrances répétées de la présidente de la cour d’appel. Cette magistrate ne supporte ni le bavardage ni le moindre mouvement d’humeur. Un jour où il a repris un lapsus anodin lâché à la barre par l’un de ses co-prévenus, il a été averti que c’était « la dernière fois ».
Sur le fond, la présidente Pascaline Chamboncel-Saligue avance ses pions. Entre deux digressions, elle pousse les prévenus à énoncer ce qui paraît évident. La semaine dernière, alors que Patrick Mignola représente à l’audience le MoDem et son ancêtre l’UDF, deux personnes morales condamnées en première instance, elle a demandé si « le responsable des partis, c’est bien François Bayrou ». Le fidèle centriste n’a pas cillé. Il a qualifié l’accusation de « mensongère », fruit de « personnes intéressées à attaquer » sa famille politique chrétienne-démocrate. La magistrate a simplement relevé que, tout de même, cela faisait beaucoup de menteurs.
Mercredi, l’ancien trésorier du parti Michel Mercier a balayé à son tour l’idée d’un « système ». Selon lui, il aurait fallu être « malade, enfermé » pour s’amuser à tripoter des contrats de trois francs six sous, alors que l’argent était là pour payer. Pourquoi sa signature apparaît-elle dès lors sur plusieurs contrats de travail, et non celle du président du parti ? Il a une explication. Que M. Bayrou n’aime pas signer relève de la notoriété publique, parce que c’est du temps perdu, a-t-il lancé, confirmant garder une « amitié indéfectible » pour son lointain successeur à la Chancellerie. Interrogé sur ce que son chef savait vraiment, il a choisi l’ironie. Il le tenait informé quand il négociait avec d’autres partis politiques, mais pas quand il achetait douze gommes.
Lundi, c’est l’ancien eurodéputé Jean-Luc Bennhamias qui avait tenté de se défaire de l’accusation. Un de ses anciens assistants a assuré pendant l’enquête n’avoir jamais travaillé pour lui à Strasbourg, mais à Paris, pour le MoDem. La présidente lui a alors demandé s’il était normal qu’il n’ait pas signé le contrat de cet assistant, en rappelant une interview donnée aux premières heures de l’affaire. À l’époque, il affirmait que chacun savait que chaque député prenait en charge des temps partiels pour le parti, avant de concéder que, pour sa part en tout cas, il n’avait « pas l’impression d’être hors la loi ». Devant la cour, l’ancien vice-président du MoDem a protesté. Des bribes de phrases cumulées, a-t-il dit. Quand il a vu ça, il était en rogne. Et il a répété sa principale ligne de défense. « C’est tout moi, ça, je fais confiance. »
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