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Emmanuel Macron reprend le micro, coincé entre carburants et Russie

Prix à la pompe en hausse, menace russe toujours aussi vive, le chef de l’Etat s’offre jeudi soir un long entretien télévisé pour défendre son action. Un…

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Emmanuel Macron reprend le micro, coincé entre carburants et Russie

Prix à la pompe en hausse, menace russe toujours aussi vive, le chef de l’Etat s’offre jeudi soir un long entretien télévisé pour défendre son action. Un exercice à double tranchant, à sept mois de son départ de l’Elysée.

Emmanuel Macron s’installera jeudi soir face aux caméras pour une trentaine de minutes de questions, sur deux des plus grandes chaînes du pays. Une configuration qu’il n’avait plus connue depuis juin 2024, trois jours seulement avant la dissolution de l’Assemblée nationale. Depuis, le président a largement disparu de la scène intérieure, privé de majorité parlementaire et plombé par une popularité en berne. Le contexte de crises lui rouvre pourtant une fenêtre, qu’il a investie la semaine dernière en réunissant à l’Elysée les chefs de parti et plusieurs candidats à la présidentielle.

Le pouvoir d’achat, et surtout le carburant, devrait dominer la conversation. Les automobilistes encaissent des tarifs qui ne redescendent pas, avec en moyenne 2,40 euros le litre de gazole, 2,26 euros pour le SP98 et 2,16 euros pour le SP95-E10. Le gouvernement a bien dévoilé de nouvelles aides mardi soir, mais il avance sans marge budgétaire. Sept personnes sur dix les jugent insuffisantes, et près de huit sur dix s’attendent à voir les prix continuer de grimper. Un front social qui bouillonne, et que l’exécutif peine à calmer.

Face à cette colère, le locataire de l’Elysée veut démontrer que le levier le plus solide reste la diplomatie de long terme. Il a enchaîné les rencontres ces dernières semaines, avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi, le roi Abdallah de Jordanie ou encore le Premier ministre canadien Mark Carney. L’objectif affiché, ouvrir de nouveaux débouchés et sécuriser les approvisionnements en pétrole, malmenés dans les détroits stratégiques d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. A New York, il a aussi présenté à Donald Trump plusieurs pistes, dont une trêve énergétique dans le conflit ukrainien. Son entourage le répète, tout ce travail vise à changer le quotidien des Français.

L’autre grand temps fort du rendez-vous portera sur la menace russe. Le président devrait revenir sur les drones explosifs repérés à l’aéroport allemand de Leipzig. S’ils avaient frappé les avions ukrainiens visés, le bilan humain aurait sans doute été lourd. Une attaque manquée, attribuée à Moscou, qu’il estime sous-évaluée dans l’opinion. Il l’a déjà affirmé devant la presse vendredi, ces attaques hybrides ne resteront pas sans réponse, et la France ne se laisse pas intimider. Il appelle dans le même temps à mieux protéger les infrastructures critiques et les sites sensibles contre les drones et les cyberattaques.

Ce passage à l’antenne a enfin une portée politique. Après avoir convié les responsables de partis et plusieurs prétendants à l’Elysée, Emmanuel Macron veut s’afficher en garant d’une élection présidentielle sous pression d’ingérences étrangères. Il dresse un tableau sombre du monde, entre les guerres au Proche et au Moyen-Orient et les offensives hybrides russes en Europe, en prévenant que cette situation va durer et qu’aucun retour à la normale n’interviendra avant le scrutin. Certains invités sont sortis de cette réunion saisis de vertige. D’autres ont dénoncé une opération de communication, voire une diversion destinée à masquer le déclin français. Lui promet de ne jamais polluer la campagne, et se garde bien de désigner un successeur.

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