Société
Des ouvriers prennent le contrôle de leur usine pour éviter la liquidation
À Saint-Gaudens, les salariés de Fibre Excellence ont investi et surveillent eux-mêmes le site. Leur objectif : peser sur la décision du tribunal de…


À Saint-Gaudens, les salariés de Fibre Excellence ont investi et surveillent eux-mêmes le site. Leur objectif : peser sur la décision du tribunal de commerce, qui doit se prononcer sur une offre de reprise.
Lundi dernier, les employés de l’usine de pâte à papier de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, ont franchi un cap. Ils ont investi l’accès du site et pris le contrôle de l’ensemble des installations. Selon Cédric Caubère, responsable départemental de la CGT, ils maintiennent désormais l’usine sous leur surveillance, dans l’attente d’une audience cruciale. Une action similaire pourrait avoir lieu à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, où le groupe Fibre Excellence possède une seconde usine. Au total, plus de 600 emplois sont en jeu.
Ce mouvement intervient alors que le groupe est placé en redressement judiciaire depuis avril. La production a été arrêtée fin avril, ce qui a déjà perturbé la filière d’approvisionnement en bois. Le tribunal de commerce de Toulouse doit examiner une offre de reprise portée par Matthieu Pigasse, via sa société Combat Holding. Si cette offre est rejetée, la liquidation judiciaire menace directement. Les salariés redoutent ce scénario. Ils estiment que le projet de reprise est sérieux, mais qu’il nécessite un coup de pouce financier de l’État pour passer le cap des trois premières années.
Au-delà de l’emploi, les conséquences seraient lourdes sur plusieurs plans. La CGT alerte sur le coût environnemental d’une éventuelle fermeture. La dépollution des deux sites coûterait environ 500 millions d’euros, une facture qui retomberait sur les pouvoirs publics. Cédric Caubère parle de « catastrophe écologique » et de « gouffre financier ». Il ajoute que la liquidation aggraverait le déficit commercial de la France dans la pâte à papier, qui passerait de 1 à 2 milliards d’euros à cause des importations. Côté gouvernement, on renvoie la balle à Matthieu Pigasse, lui demandant de transformer ses promesses en financements concrets. Les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur soutiennent pourtant le projet, qui prévoit le maintien des effectifs. Les salariés, eux, attendent le verdict, déterminés à ne pas lâcher le site.
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