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Un négociateur né sous les bombes prend la tête du Hamas
Khalil al-Hayya, figure discrète des couloirs diplomatiques, devient le nouveau chef politique du mouvement palestinien. Cet homme de 65 ans a survécu à…


Khalil al-Hayya, figure discrète des couloirs diplomatiques, devient le nouveau chef politique du mouvement palestinien. Cet homme de 65 ans a survécu à plusieurs tentatives d’assassinat et perdu une partie de sa famille dans le conflit avec Israël.
C’est un nouveau visage pour diriger le Hamas, même si ce visage est connu des initiés. Khalil al-Hayya a été élu lundi président du bureau politique du groupe, en remplacement de Yahya Sinouar, tué par Israël en octobre 2024. Jusqu’ici, il était surtout le négociateur en chef dans les discussions indirectes de cessez-le-feu avec Israël. Son rôle l’a propulsé sous les projecteurs, mais c’est dans l’ombre des réunions diplomatiques qu’il a construit son influence, loin du terrain militaire. Grand, large d’épaules, la barbe blanche soigneusement taillée, il dirige depuis l’exil un mouvement dont le centre de gravité reste Gaza, malgré les destructions massives.
Né en janvier 1960 dans une famille conservatrice de Gaza-ville, il a étudié à l’Université islamique de Gaza avant d’obtenir une maîtrise en Jordanie et un doctorat en droit islamique au Soudan. Il rejoint les Frères musulmans dans les années 1980, puis participe à la fondation du Hamas en 1987. La prison israélienne l’attend à la fin des années 1990 pendant trois ans, pour appartenance au groupe. Plus tard, il survit à deux autres tentatives d’assassinat en 2007 et 2014. Sa femme et son fils aîné ont été tués. En 2017, il devient vice-président de la direction politique du Hamas pour Gaza avant de succéder à Sinouar. Un proche le décrit comme un homme d’une intelligence calme, conservateur et pragmatique, respecté aussi bien par les membres du bureau politique que par les commandants militaires.
Son parcours est marqué par la perte et la résilience. En septembre 2025, il survit à une nouvelle tentative d’assassinat au Qatar, qui tue plusieurs personnes dont un de ses fils et son directeur de bureau. Pour les Palestiniens, selon l’analyste politique Yasser Abou Hein, ces épreuves font de lui une icône et un symbole de la lutte. Il entretient des relations privilégiées avec le Jihad islamique, le Hezbollah, et des pays arabes comme le Qatar, l’Égypte et l’Algérie, ainsi qu’avec l’Iran, principal soutien du mouvement. Il était aux côtés d’Ismaïl Haniyeh quand ce dernier a été tué à Téhéran en juillet 2024. Aujourd’hui, c’est lui qui doit mener les négociations et incarner un Hamas fragilisé mais toujours debout.
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