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L’ancien chef du cartel de Sinaloa condamné à finir ses jours derrière les barreaux américains

Ismael “El Mayo” Zambada, l’un des derniers grands barons de la drogue mexicains, va connaître la prison à vie. Après plus de 40 ans de cavale, il a…

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L'ancien chef du cartel de Sinaloa condamné à finir ses jours derrière les barreaux américains

Ismael “El Mayo” Zambada, l’un des derniers grands barons de la drogue mexicains, va connaître la prison à vie. Après plus de 40 ans de cavale, il a plaidé coupable en août 2025 pour échapper à la peine de mort.

C’est une page qui se tourne dans l’histoire du narcotrafic. Ismael Zambada, surnommé “El Mayo”, était le dernier représentant de la vieille garde des cartels mexicains. Pendant des décennies, il a construit un empire discret mais colossal, aux côtés du célèbre Joaquín “El Chapo” Guzmán. Leur cartel, celui de Sinaloa, est devenu le plus grand du monde, inondant les États-Unis de cocaïne, d’héroïne et de fentanyl. Mais en juillet 2024, le septuagénaire a été piégé. Il assure avoir été kidnappé par l’un des fils d’El Chapo, forcé de monter dans un avion privé qui l’a conduit droit aux autorités américaines. Depuis, il croupit dans une prison fédérale, et lundi un tribunal de New York doit prononcer sa peine. Il encourait la perpétuité incompressible, sans aucune possibilité de libération conditionnelle.

L’homme est né dans les montagnes du Sinaloa, une région mexicaine où la culture du pavot et du cannabis a longtemps fait vivre les familles pauvres. Lui-même simple ouvrier agricole au départ, Zambada a patiemment grimpé les échelons du crime organisé. Il a d’abord travaillé pour les cartels de Guadalajara et de Juarez, aux côtés de figures comme Miguel Ángel Félix Gallardo ou Amado Carrillo Fuentes. Puis il a fait équipe avec El Chapo pour fonder le cartel de Sinaloa à la fin des années 1980. Son rôle était clé : il supervisait les réseaux de distribution aux États-Unis et le rapatriement des milliards de dollars vers le Mexique. Sa discrétion légendaire lui a permis d’éviter les balles et les menottes pendant plus de quarante ans, alors même que son associé était arrêté et condamné. Mais les procureurs américains le décrivent aussi comme d’une cruauté extrême. Selon eux, il a ordonné l’assassinat systématique de traîtres, de policiers et même de son propre neveu, retrouvé mort dans une voiture.

Sa chute a laissé des traces. La guerre interne entre les fils d’El Chapo et les partisans d’El Mayo a déjà fait environ 2 000 morts au Mexique. Le pays comptabilise près d’un demi-million de homicides liés au narcotrafic depuis 2006. Et la capture de Zambada continue de provoquer des tensions entre Mexico et Washington. Les États-Unis ont nié toute complicité dans l’enlèvement, mais l’exhibition récente de l’avion ayant transporté le baron a relancé les questions. En plaidant coupable, Zambada a aussi accepté la confiscation de 15 milliards de dollars de biens mal acquis. Il rejoint ainsi El Chapo, qui purge déjà une peine à perpétuité. Leurs empires tombent, mais la machine du trafic, elle, ne s’arrête pas. Comme le disait Zambada lui-même dans une rare interview : son arrestation ou sa mort n’y changerait rien.

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