Monde
Des milliers d’étudiants indiens marchent sur le Parlement, la police charge à coups de matraque
Ils dénoncent les fraudes aux examens et réclament la démission du ministre de l’Éducation. Sous pression, les forces de l’ordre ont dispersé la foule…


Ils dénoncent les fraudes aux examens et réclament la démission du ministre de l’Éducation. Sous pression, les forces de l’ordre ont dispersé la foule rassemblée à New Delhi.
Lundi, un cortège de plusieurs milliers de personnes a tenté de rejoindre le Parlement indien pour faire entendre sa colère. Les manifestants, réunis à l’appel d’un mouvement né en ligne appelé le « Parti du peuple des cafards », voulaient dénoncer les scandales qui minent l’enseignement supérieur. Mais la police avait prévenu dès la veille : cette marche était illégale. Des agents déployés en nombre ont chargé la foule près de l’esplanade de la capitale, matraques en main. L’opposition a immédiatement dénoncé l’usage de la force, estimant que le gouvernement cherchait à faire taire les jeunes plutôt qu’à les écouter.
Le mouvement des « cafards » est né en mai, lancé par un étudiant indien tout juste diplômé aux États-Unis. Il cristallise une colère profonde face aux ratés et aux fraudes qui frappent régulièrement les examens universitaires. Le mois dernier, une tricherie massive a conduit à l’annulation d’un test passé par deux millions d’aspirants en médecine. Selon des médias locaux, cette invalidation a poussé plusieurs candidats au suicide. Depuis, les rassemblements se multiplient dans tout le pays, attirant une jeunesse qui ne trouve plus de débouchés malgré la forte croissance économique indienne.
Derrière les slogans, c’est tout un système qui est remis en question. « Le Premier ministre Narendra Modi ne semble pas vraiment se soucier de la jeunesse », a lancé une lycéenne de 16 ans venue protester avec ses camarades. Des figures de la société civile ont rejoint le combat. Sonam Wangchuk, célèbre militant, a entamé une grève de la faim le 28 juin. Hospitalisé de force samedi dernier, son état inquiète. En réponse, le fondateur du mouvement a annoncé une « grève de la faim illimitée ». La session parlementaire qui s’ouvrait ce lundi devait être agitée, mais c’est dans la rue que la jeunesse indienne a choisi de crier sa détresse.
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