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Todd Blanche, l’avocat de Trump, décroche le ministère de la Justice à l’arraché
Le Sénat américain a confirmé de justesse la nomination de Todd Blanche samedi. Ce proche de Donald Trump dirigeait déjà la maison depuis avril, mais sa…


Le Sénat américain a confirmé de justesse la nomination de Todd Blanche samedi. Ce proche de Donald Trump dirigeait déjà la maison depuis avril, mais sa confirmation a donné lieu à un véritable parcours du combattant.
Le Sénat américain a tranché samedi. Todd Blanche est officiellement ministre de la Justice, mais la marge est infime. Cinquante voix contre quarante-neuf. Deux élues républicaines, Susan Collins et Lisa Murkowski, ont voté avec les démocrates, refusant de suivre la ligne du parti. L’intéressé a réagi rapidement sur X. Il s’est dit profondément honoré de la confiance accordée par le président et reconnaissant envers les sénateurs.
Ce choix n’a rien d’anodin. Todd Blanche s’est fait une réputation comme avocat personnel de Donald Trump dans trois procédures pénales visant le milliardaire avant son retour à la Maison Blanche. Il a notamment défendu le président dans le dossier des paiements cachés à l’actrice Stormy Daniels, une affaire qui a valu à Trump une condamnation pénale au printemps 2024, une première pour un ancien président américain. Après son retour au pouvoir, Trump l’a nommé numéro deux du ministère, aux côtés de Pam Bondi, elle-même promue ministre. Mais Bondi a été écartée début avril 2026, en pleine affaire Epstein. Blanche, déjà impliqué dans ce dossier très gênant, a pris l’intérim.
Sa confirmation a pourtant failli capoter. Deux sénateurs républicains, John Cornyn et Thom Tillis, réclamaient des engagements fermes. Ils voulaient enterrer définitivement un fonds dit anti-instrumentalisation de la justice, doté de près de 1,8 milliard de dollars, destiné à dédommager des alliés de Trump poursuivis sous l’administration Biden. L’opposition y voyait une caisse noire. Ils exigeaient aussi des précisions sur l’immunité fiscale accordée au président, à ses deux fils et à son entreprise. Blanche a fini par céder dimanche. Il a produit des garanties écrites et précisé que l’accord fiscal ne vaudrait que pour les exercices passés, pas pour l’avenir. La commission judiciaire a alors donné son feu vert mardi, ouvrant la voie au vote final.
Les démocrates, eux, n’ont pas cessé de dénoncer un conflit d’intérêts. Pour eux, Blanche reste l’homme de Trump, pas celui de la justice. Le sénateur Dick Durbin a lancé une charge sévère mardi, affirmant que Blanche continue de fonctionner comme l’avocat personnel du président et utilise le ministère comme un cabinet au service d’un seul client. Une charge qui prend sens dans le contexte récent. Peu après son arrivée aux commandes, la justice fédérale a inculpé l’ex-directeur du FBI James Comey, une cible de la vindicte présidentielle. Interrogé lors de son audition sur son amitié avec Trump, Blanche a d’ailleurs laissé échapper un lapsus révélateur. Je suis son avocat, a-t-il dit, avant de se reprendre. J’étais son avocat.
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