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Sri Lanka, vingt-quatre accusés face au verdict des attentats de Pâques 2019

Menottés deux par deux et escortés par un important dispositif policier, ils risquent la peine capitale pour leur rôle présumé dans les attaques les plus…

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Sri Lanka, vingt-quatre accusés face au verdict des attentats de Pâques 2019

Menottés deux par deux et escortés par un important dispositif policier, ils risquent la peine capitale pour leur rôle présumé dans les attaques les plus meurtrières de l’histoire du pays. La Haute cour de Colombo doit dire mardi s’ils sont coupables, dans un dossier où les services de renseignement sont eux aussi montrés du doigt.

Les vingt-quatre accusés sont arrivés en bus à la Haute cour de Colombo, encadrés de près par les forces de l’ordre. Ils doivent y entendre le verdict d’un procès hors norme, celui des attentats du dimanche de Pâques 2019. Les charges sont lourdes, entre meurtres, tentatives de meurtre, complicité de meurtre en lien avec une entreprise terroriste, détention d’armes et d’explosifs. Tous encourent la peine capitale, même si le Sri Lanka n’a plus procédé à aucune exécution depuis 1976 et commue le plus souvent ces condamnations en réclusion à perpétuité. La police a fait savoir que des dispositions particulières avaient été prises pour sécuriser les abords du tribunal comme la salle d’audience.

Ce 21 avril 2019, huit kamikazes s’étaient fait exploser dans trois églises et trois hôtels de luxe de l’île. Le bilan, terrible, fait état de 279 morts, dont 45 étrangers. Dans les heures qui avaient suivi, la police avait désigné un mouvement jihadiste ayant prêté allégeance à l’Organisation État islamique. Mais l’enquête a vite pris une autre direction. L’Église catholique, la presse et plusieurs témoins ont mis en cause les services de renseignement sri-lankais, soupçonnés d’avoir laissé se nouer un complot destiné à plonger le pays dans le chaos pour favoriser l’élection de Gotabaya Rajapaksa à la présidence.

Devant le tribunal, des dizaines de proches des victimes se sont rassemblés, dans l’attente d’une décision qui ne devrait tomber que tard dans la journée. « Après tant d’années, nous espérons enfin que justice soit rendue », a confié un prêtre catholique, Jude Fernando, en soulignant que le nombre de chefs d’accusation et de suspects allait forcément allonger les débats. L’audience s’est ouverte en matinée.

Tout au long du procès, l’accusation a présenté Mohamed Naufar, l’un des vingt-quatre, comme l’un des organisateurs des attaques. Lui et les autres accusés ont tous démenti toute participation. Trois d’entre eux sont également poursuivis pour actes de terrorisme par le département américain de la Justice devant un tribunal fédéral de Californie.

Ce procès n’est qu’une pièce d’un dossier tentaculaire. En février, l’arrestation d’un ancien officier du renseignement, le général à la retraite Suresh Sallay, a fait l’effet d’un tournant. Le ministre de la Sécurité publique, Ananda Wijepala, l’a présenté devant le Parlement comme le véritable cerveau des attentats. Gotabaya Rajapaksa, président de 2019 à 2022, soupçonné d’avoir bénéficié du complot, n’a pour l’instant pas été formellement mis en cause, mais la justice lui interdit de quitter le pays. Il rejette avec la plus grande fermeté toute implication. Dans une procédure connexe, l’ancien chef de la police et l’ex-secrétaire général du ministère de la Défense ont été condamnés à mort en juillet dernier pour n’avoir pas su empêcher les attentats.

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