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Petite enfance, 90 millions d’euros débloqués sans lever le blocage des salaires

Le gouvernement met 90 millions d’euros sur la table pour soutenir les crèches et les assistantes maternelles. Un coup de pouce qui laisse le secteur sur…

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Petite enfance, 90 millions d'euros débloqués sans lever le blocage des salaires

Le gouvernement met 90 millions d’euros sur la table pour soutenir les crèches et les assistantes maternelles. Un coup de pouce qui laisse le secteur sur sa faim, la question des rémunérations restant entière.

L’enveloppe s’étalera sur deux exercices. Trente millions d’euros l’an prochain, puis soixante millions en 2027. Voilà le cadre du plan d’urgence présenté par la ministre des Familles, Stéphanie Rist, pour tenter de sortir l’accueil du jeune enfant de l’ornière. Le diagnostic, lui, n’a rien de nouveau. Des charges qui grimpent, une activité qui recule, des métiers qui n’attirent plus assez. Le secteur s’enfonce depuis des années dans une crise de structure, et les professionnels manquent toujours à l’appel.

Faute de réaction, la facture se chiffre déjà. Cent mille places d’accueil feraient défaut à l’horizon 2033 si rien ne bouge, ne serait-ce que pour maintenir le taux de couverture actuel. La chute de la natalité, environ 20 % en quinze ans, n’y change rien selon la ministre, qui rappelle que le pays propose 60 places pour 100 enfants de moins de trois ans. Autrement dit, la demande reste très au-dessus de ce que la France offre aujourd’hui.

Concrètement, le financement des crèches passera par une nouvelle revalorisation de la prestation de service unique, versée par les caisses d’allocations familiales. Trois mille cent soixante-quinze structures implantées dans les territoires les plus fragiles verront leur bonus territoire grimper. Les assistantes maternelles et les maisons qui les regroupent bénéficieront d’aides au démarrage et à l’installation revues à la hausse. Les parents exerçant un métier dit de première ligne, infirmiers et infirmières en tête, devraient accéder plus facilement à une place. Le congé de naissance, ouvert depuis le 1er juillet et prolongeable de deux mois pour chaque parent, décale des admissions et pèse sur les recettes des crèches. Ces pertes seront compensées par la caisse nationale des allocations familiales. Le gouvernement prépare par ailleurs un plan destiné à mieux équiper les lieux d’accueil face aux canicules, avec un objectif fixé avant l’été 2027.

Reste le calendrier, et les réactions. Le plan doit obtenir le feu vert du conseil d’administration de la caisse nationale avant début octobre, pour une mise en application des financements dès la fin de l’année. Sur les salaires, en revanche, aucune annonce. « On déplore l’absence d’annonces sur une hausse des salaires », lâche Cyrille Godfroid, du syndicat national des professionnels de la petite enfance, qui réclame 250 à 300 euros mensuels supplémentaires. Elsa Hervy, de la Fédération française des entreprises de crèches, doute de l’ampleur de la revalorisation, en rappelant que les inspections générales des finances et des affaires sociales préconisaient 4 %. Quant au collectif « Pas de bébés à la consigne », qui fédère une cinquantaine d’organisations syndicales et d’associations, il appelle à une journée nationale de grève et de manifestations.

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