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Peptides miracles la FDA face à un dilemme bien réel
Ils promettent une peau éclatante, un sommeil profond et des muscles d’acier. Mais derrière le buzz des influenceurs, la FDA doit trancher sur des…


Ils promettent une peau éclatante, un sommeil profond et des muscles d’acier. Mais derrière le buzz des influenceurs, la FDA doit trancher sur des Substances aux preuves scientifiques encore fragiles.
Ils s’appellent BPC-157, Epitalon ou encore Semax. Des noms qui fleurent bon la potion magique sur les réseaux sociaux. Pourtant, jeudi et vendredi, un comité d’experts de l’Agence américaine du médicament (FDA) planche sur sept peptides précis. L’enjeu est simple: ces petites chaînes d’acides aminés, déjà prisées par les sportifs et les curieux du bien-être, méritent-elles d’être fabriquées en pharmacie aux États-Unis? Pour beaucoup de spécialistes, la réponse est claire: pas encore.
Alexander Weber, chef du service de médecine du sport à l’Université de Californie du Sud, résume le malaise. De son propre aveu, les peptides reviennent dans ses conversations avec les patients tous les jours. Mais il ajoute tout de suite: les données cliniques ne permettent pas de dire s’ils sont sûrs et efficaces. Un vide scientifique qui n’a pas empêché des millions d’Américains de s’en procurer sur Internet, via des fournisseurs de produits chimiques pour «usage en laboratoire». Un marché parallèle, sans contrôle de qualité, où une grande partie des substances s’avère tout simplement de très mauvaise qualité, selon le ministre de la Santé lui-même, Robert Kennedy Junior.
La situation est paradoxale. L’influence du ministre, qui a lui-même utilisé des peptides pour soigner des blessures, inquiète. Peter Lurie, ancien responsable de la FDA aujourd’hui à la tête de l’ONG CSPI, confie sans détour qu’il n’a «absolument pas confiance» dans la composition du comité. Car certains membres auraient des liens très étroits avec l’industrie. De leur côté, les scientifiques de l’agence jugent les preuves insuffisantes. En mai, les organisations ECRI et ISMP alertaient déjà dans un livre blanc sur une «absence de données cliniques adéquates». Rita Jew, présidente de l’ISMP, confirme aujourd’hui qu’aucune nouvelle information ne permet d’approuver sereinement ces substances.
Il faut distinguer les peptides naturels, comme l’insuline ou les traitements anti-obésité type Ozempic, qui ont passé des années d’essais cliniques rigoureux. Les peptides synthétiques vantés sur les réseaux sociaux, eux, n’ont jamais été soumis à des tests de grande ampleur. Certains témoignages positifs circulent, bien sûr. Mais comme le souligne Alexander Weber, le biais est évident: quand on paie pour quelque chose, on a envie que cela fonctionne. Une illusion qui pèse lourd face à la pression du marché.
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