Monde
La promesse de Modi ne suffit pas les étudiants indiens restent mobilisés
Le Premier ministre indien a promis de punir sévèrement les responsables des fraudes aux examens de médecine. Mais les étudiants maintiennent la pression…


Le Premier ministre indien a promis de punir sévèrement les responsables des fraudes aux examens de médecine. Mais les étudiants maintiennent la pression et réclament toujours la tête du ministre de l’Éducation.
Narendra Modi a brisé le silence, jeudi. Confronté à la plus grave contestation depuis sa réélection il y a deux ans, le chef du gouvernement a annoncé sur X vouloir accélérer les procédures judiciaires contre les fraudeurs. « Rien n’est plus important que l’avenir de notre jeunesse », a-t-il écrit, tentant d’éteindre l’incendie. Mais sur l’esplanade de Jantar Mantar, au cœur de New Delhi, ces mots n’ont pas suffi. Les milliers d’étudiants qui campent jour et nuit exigent toujours le départ du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan. La colère est née des fraudes qui ont entaché un examen crucial passé en mai par près de deux millions d’aspirants médecins. Son annulation a provoqué, selon des médias locaux, plusieurs suicides.
La réponse du pouvoir a d’abord été la manière forte. Lundi, la police a violemment dispersé une marche de dizaines de milliers de jeunes qui tentaient de rejoindre le Parlement. Bilan : 180 blessés, dont les deux tiers sont des forces de l’ordre. Un étudiant de 24 ans, qui se fait appeler Yuvraj, résume le sentiment général : « Si les étudiants étaient sa priorité, il n’aurait pas lancé la police contre nous. » Le mouvement, fédéré sous la bannière du CJP (un collectif né en ligne après des propos polémiques du président de la Cour suprême sur les jeunes chômeurs), rejette catégoriquement les promesses de Modi. « Notre combat vise à réparer le système et à exiger des comptes », a cinglé le groupe sur X. « Renvoyez Dharmendra Pradhan et rendez des comptes. »
Ce soulèvement dépasse largement le scandale des examens. Derrière la question des fraudes se cache une inquiétude bien plus profonde celle d’une jeunesse indienne qui peine à trouver un emploi, malgré une croissance économique flamboyante de plus de 7%. « Il s’agit désormais de démocratie et de Constitution », explique Sujith Mehlawet, 21 ans, étudiant. « C’est une guerre entre les étudiants et le gouvernement. » L’opposition, par la voix de Rahul Gandhi, accuse Modi d’avoir « détruit l’avenir de la jeunesse » et réclame aussi sa démission. Des organisations de défense des droits humains dénoncent l’usage d’une « force excessive » par la police. Depuis lundi, des rassemblements plus modestes ont eu lieu dans d’autres grandes villes comme Bombay, Bangalore ou Patna. La contestation, loin de s’éteindre, semble gagner du terrain.
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