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Nucléaire saoudien le pari risqué de Washington

Les États-Unis viennent de sceller un accord avec l’Arabie saoudite pour développer son nucléaire civil. Une décision qui soulève de vives inquiétudes sur…

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Nucléaire saoudien le pari risqué de Washington

Les États-Unis viennent de sceller un accord avec l’Arabie saoudite pour développer son nucléaire civil. Une décision qui soulève de vives inquiétudes sur une possible prolifération dans une région déjà sous tension.

L’accord signé mercredi par le ministre américain de l’Énergie et son homologue saoudien pose les bases d’un partenariat de plusieurs décennies. Objectif affiché construire des centrales nucléaires dans le royaume, qui dépend encore lourdement du gaz et du pétrole pour produire son électricité. Washington y voit une opportunité de booster ses exportations de technologies et de créer des emplois bien payés chez lui. Le géant américain Westinghouse, spécialiste des réacteurs, salue une étape majeure pour la sécurité énergétique de la région.

Mais derrière les promesses économiques, le projet fait grincer des dents. Le sénateur démocrate Chris Murphy craint que cet accord ne déclenche une course nucléaire au Moyen-Orient. Selon lui, il risque de dissuader l’Iran de freiner son propre programme. Plus inquiétant encore des clauses prévoiraient qu’une entreprise américaine construise un complexe d’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe le justifie. Pour Matthew Kroenig, ancien responsable du Pentagone, autoriser l’enrichissement dans un pays comme Ryad serait une erreur grave.

Le timing de l’annonce interpelle. Elle survient alors que les États-Unis et l’Iran sont en conflit ouvert, Washington justifiant sa guerre par la volonté d’empêcher Téhéran d’avoir l’arme atomique. Bernie Sanders, figure de la gauche américaine, dénonce une contradiction flagrante Trump bombarde l’Iran pour sa capacité nucléaire tout en laissant son allié saoudien faire de même. Même des parlementaires républicains et des responsables israéliens expriment leur opposition, craignant que ce programme civil ne cache des ambitions militaires. L’accord doit encore passer devant le Congrès mais avec une majorité républicaine, son adoption semble presque acquise.

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