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L épidémie d Ebola la plus rapide de l histoire a déjà fait plus de mille morts

Le virus tue à une vitesse inédite en RDC et en Ouganda. Dans l est du Congo, une région minée par les conflits, la lutte contre la maladie tourne à la…

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L épidémie d Ebola la plus rapide de l histoire a déjà fait plus de mille morts

Le virus tue à une vitesse inédite en RDC et en Ouganda. Dans l est du Congo, une région minée par les conflits, la lutte contre la maladie tourne à la course contre la montre.

Le cap des mille morts vient d être franchi. En République démocratique du Congo et chez son voisin ougandais, Ebola a emporté 1.001 personnes en quelques mois. La grande majorité des victimes se trouve en RDC, où l on compte 2.473 cas confirmés depuis le début de la flambée, officiellement déclarée mi mai. Côté ougandais, 20 personnes ont été contaminées et deux sont décédées. Le pays espère être bientôt déclaré indemne, mais il doit patienter encore un mois sans nouveau malade. L ampleur réelle de la crise est difficile à mesurer, et les autorités sanitaires redoutent qu elle dure plusieurs mois.

Le foyer principal se situe dans la province de l Ituri, à la frontière du Soudan du Sud et de l Ouganda. Cette zone concentre près de neuf cas sur dix et plus de huit décès sur dix. C est aussi l une des régions les plus pauvres et les plus instables du Congo, en proie à des affrontements armés. Résultat le suivi des personnes ayant croisé un malade est un casse tête logistique. Beaucoup de patients sont enterrés sans aucune précaution dans les campagnes, ce qui accélère la transmission. Des équipes humanitaires sur place rapportent qu un seul décès a pu contaminer jusqu à 17 personnes. Les volontaires chargés d enterrer les corps ou de traquer les contacts sont souvent formés à la hâte, ce qui les met en danger. Dans les rues de Bunia, la capitale de l Ituri, la vie semble presque normale, mais l inquiétude grandit chez ses près d un million d habitants. Un chauffeur de taxi moto raconte avoir vu trois membres d une même famille mourir en une semaine. Il dit avoir tellement peur qu il s est équipé de gel désinfectant, comme beaucoup de ses collègues.

Cette 17e épidémie congolaise est particulière. Elle est due à une souche rare du virus, appelée Bundibugyo, pour laquelle il n existe ni vaccin ni traitement approuvé. Des essais cliniques ont pourtant démarré début juillet sur deux médicaments prometteurs. Parallèlement, un nouveau test de diagnostic a été autorisé en urgence, et un candidat vaccin développé par l université d Oxford est en cours de test de sécurité. Mais le virus ne se cantonne pas à l Ituri. Il circule dans quatre autres provinces congolaises, dont le Nord Kivu et le Sud Kivu, où de vastes zones échappent au contrôle de l État, tenues par le groupe armé M23. La progression fulgurante de la maladie montre que les moyens actuels peinent à enrayer la chaîne de contamination.

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