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La révolte des « cafards » en Inde ne faiblit pas

Depuis lundi, des milliers d’étudiants campent à New Delhi pour exiger la démission du ministre de l’Éducation, accusé de fraudes massives aux examens de…

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La révolte des "cafards" en Inde ne faiblit pas

Depuis lundi, des milliers d’étudiants campent à New Delhi pour exiger la démission du ministre de l’Éducation, accusé de fraudes massives aux examens de médecine. Malgré une répression policière qui a fait 180 blessés, ils jurent de rester jusqu’au bout.

L’esplanade de Jantar Mantar, en plein cœur de la capitale, est devenue le camp de base de la contestation. Des jeunes assis par terre, des banderoles, et une détermination qui ne faiblit pas. « Nous ne partirons pas tant que Dharmendra Pradhan n’aura pas démissionné », a lancé un porte-parole du mouvement à ses partisans. Ce mouvement, né sur les réseaux sociaux en mai dernier, s’est donné un nom provocateur, « cafards », en réponse à une insulte du président de la Cour suprême qui avait qualifié ainsi les jeunes chômeurs. En quarante-huit heures, la colère contre les fraudes aux examens s’est transformée en une défiance bien plus large envers le gouvernement de Narendra Modi.

La cause immédiate de cette colère est simple et tragique. En mai, plus de 2 millions d’étudiants ont passé un examen d’entrée en médecine. Des fuites massives ont éclaté, l’épreuve a été annulée, et plusieurs candidats se sont donné la mort après cette annulation. « Mon père a vendu sa terre pour que je puisse étudier et passer cet examen », a raconté un manifestant de 18 ans à la presse. « Je ne suis pas ici pour un parti politique, je m’oppose à tout pouvoir qui fait du mal. » Le mouvement des « cafards », qui revendique plus de 20 millions de soutiens en ligne, dépasse désormais la simple fraude. Il incarne l’angoisse d’une jeunesse qui peine à trouver un emploi, même dans un pays dont la croissance économique est vantée par le pouvoir.

Le gouvernement, qui avait d’abord réprimé la marche de lundi, a commencé à changer de ton. Le ministre de l’Éducation a promis « des réponses, des réformes et de la transparence ». Son collègue de la Défense a assuré que le gouvernement était « pleinement engagé » envers les étudiants. Mais l’opposition, menée par Rahul Gandhi, réclame carrément la démission du Premier ministre Modi, accusé de « détruire l’avenir de la jeunesse ». Gandhi, vêtu de noir en signe de deuil, a répété son soutien aux étudiants. Des manifestations plus modestes ont éclaté dans d’autres grandes villes comme Bombay, Bangalore ou Patna. Amnesty International de son côté a dénoncé la violence policière, parlant de « graves questions sur le respect des droits humains ». Un étudiant de 20 ans, qui a vu la police frapper lundi, résume l’état d’esprit qui règne sur l’esplanade « J’ai peur, mais nous n’avons pas le choix. Nous continuerons. »

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