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Le «Docteur la mort» laisse son corps à la science qu’il a inventée

Gunther von Hagens, l’anatomiste allemand qui exposait des cadavres plastinés, est mort à 81 ans. Il avait prévu de devenir lui-même une pièce de son…

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Le «Docteur la mort» laisse son corps à la science qu'il a inventée

Gunther von Hagens, l’anatomiste allemand qui exposait des cadavres plastinés, est mort à 81 ans. Il avait prévu de devenir lui-même une pièce de son propre musée.

Gunther von Hagens ne sera jamais vraiment mort. Du moins, pas au sens où on l’entend habituellement. L’homme surnommé «Docteur la mort» s’est éteint le 24 juillet 2026 après une longue et grave maladie, mais son corps ne sera ni enterré ni incinéré. Sa famille a annoncé qu’elle respectera sa volonté : le faire plastiner, selon le procédé qu’il a lui-même inventé à l’Université de Heidelberg en 1977. La technique consiste à remplacer l’eau et la graisse des tissus par de la résine époxy, ce qui permet de conserver les corps indéfiniment. Le sien rejoindra donc les dizaines de millions de visiteurs qui ont parcouru ses expositions Body Worlds, où des humains et des animaux figés dans des poses vivantes dévoilent muscles, organes et squelettes.

Ses expositions ont fait le tour du monde, mais elles n’ont pas toujours été bien accueillies. À Berlin, le quartier d’Alexanderplatz a tenté de bloquer l’installation permanente ouverte en 2015 au pied de la Tour de télévision. Les tribunaux ont estimé que le projet n’était pas contraire aux lois sur l’inhumation, et l’expo a eu le dernier mot. À Moscou, en 2021, les autorités ont lancé une enquête pour atteinte aux «valeurs morales» et à la législation russe. Von Hagens avait l’habitude de déranger. Lui-même avait fui la RDA communiste dans sa jeunesse, après un passage en prison pour tentative de fuite. Il avait fini par rejoindre l’Ouest, où il a développé son invention dans un laboratoire universitaire.

Son équipe le décrit comme un pionnier, un chercheur, un inventeur, mais aussi un «penseur iconoclaste et parfois controversé». Avec 58 millions de visiteurs à travers le monde, ses expositions ont selon lui rendu l’anatomie accessible à tous, et forcé à réfléchir sur la santé, la maladie, la mort. Aujourd’hui, c’est son propre corps qui deviendra une pièce de musée. Une ultime provocation, ou une cohérence totale avec la vie qu’il a choisie.

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