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La scène politique turque bascule 91 députés quittent le parti historique d’Ataturk
Le chef de l’opposition Özgür Özel claque la porte du CHP avec 91 élus et lance un nouveau mouvement. Cette scission fait du Yeni Parti la première force…


Le chef de l’opposition Özgür Özel claque la porte du CHP avec 91 élus et lance un nouveau mouvement. Cette scission fait du Yeni Parti la première force d’opposition au Parlement turc.
Özgür Özel a annoncé vendredi avoir quitté le Parti républicain du peuple (CHP) avec 91 députés pour fonder le Yeni Parti, le Nouveau Parti en turc. Il a déposé les documents officiels et remis sa démission du parti fondé par Mustafa Kemal Ataturk. Sa nouvelle formation se veut le porte-voix des retraités, des travailleurs, des agriculteurs, des jeunes et des femmes. Il a été élu président du Yeni Parti lors d’une réunion symbolique, après s’être rendu à la prière du vendredi dans une mosquée où Ataturk lui-même avait prié avant d’inaugurer le premier parlement en 1920.
Avec 91 députés transfuges, le Yeni Parti devient la première force d’opposition parlementaire, talonnant le parti AKP du président Erdogan qui détient 277 sièges. Özel a justifié ce départ par l’impossibilité de faire entendre la démocratie autrement. Il a expliqué que l’autre camp bloquait toutes les voies et refusait d’ouvrir des canaux démocratiques, ne laissant aucun autre choix. Il a appelé ses partisans à marcher sans relâche jusqu’à atteindre le pouvoir, affirmant que la parole appartient à la nation, pas à un seul homme ni à des palais.
Cette scission fait suite à l’éviction d’Özel de la tête du CHP en mai, sur décision de justice. Un tribunal d’Ankara avait annulé son élection de 2023 pour des allégations d’achat de votes, une mesure perçue par beaucoup comme une manœuvre politique pour affaiblir l’opposition. Depuis, la pression judiciaire s’est intensifiée contre le CHP, avec l’arrestation de centaines de responsables, dont le maire d’Istanbul Ekrem Imamoğlu, considéré comme un rival crédible d’Erdogan. Au moins 27 maires du CHP sont aujourd’hui incarcérés. Özel avait dénoncé cette stratégie du gouvernement pour verrouiller les prochaines élections de 2028. Il a utilisé une expression turque frappante en parlant de « revêtir une chemise de feu » pour décrire le fardeau qu’il assume.
L’Internationale socialiste et le Parti socialiste européen ont salué la création du Yeni Parti. Ils y voient un tournant pour les forces progressistes et démocratiques en Turquie et promettent leur soutien à Özgür Özel. Le CHP historique, lui, voit sa représentation réduite à une quarantaine de députés. Özel affirme que son nouveau parti sera celui des opprimés, des kémalistes et des démocrates, et que la Turquie se trouve à un carrefour historique. Il promet de ne pas renoncer à ses convictions, malgré les risques.
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