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Inde la colère des étudiants ne faiblit pas face au gouvernement
Les discussions entre le gouvernement indien et les étudiants en colère n’ont rien donné ce vendredi. La mobilisation contre le ministre de l’Éducation…


Les discussions entre le gouvernement indien et les étudiants en colère n’ont rien donné ce vendredi. La mobilisation contre le ministre de l’Éducation s’enlise et le camp des manifestants exige toujours son départ.
Le round de négociations n’a pas suffi à calmer la grogne. Après cinq jours de protestations dans les rues de New Delhi, les représentants du mouvement étudiant et les ministres se sont quittés sans accord. Deux heures d’échanges n’ont pas fait bouger les lignes. Le porte-parole du collectif Cafards, Ashutosh Ranka, a répété la position de son groupe. La démission ou le renvoi du ministre Dharmendra Pradhan reste la seule condition acceptable. La colère des jeunes ne faiblit pas et gagne du terrain selon lui. De son côté, le ministre de la Santé J.P. Nadda a parlé d’une atmosphère cordiale. Il a promis une nouvelle réunion samedi. Mais du côté des manifestants, le doute domine. Beaucoup pensent qu’il faudra continuer la pression pour obtenir des garanties.
La répression de la semaine passée a envenimé la situation. Lundi, la police a violemment dispersé une marche étudiante vers le Parlement. Bilan officiel 180 blessés côté forces de l’ordre et plusieurs centaines chez les protestataires. Amnesty International a dénoncé une attaque contre les droits humains. L’ONG pointe l’utilisation d’une loi sur la sécurité nationale pour restreindre les libertés des interpellés. L’opposition politique, menée par Rahul Gandhi du parti du Congrès, réclame aussi le départ de Narendra Modi. Le Premier ministre fait face à sa plus grave crise politique depuis sa réélection en 2024. Un conseil des ministres s’est réuni vendredi pour étudier un projet de loi contre la triche aux examens. Le texte prévoit des procédures accélérées et des sanctions sévères. Mais pour les étudiants, cette réaction arrive trop tard. Une manifestante de 20 ans résume le sentiment général. Pourquoi avoir attendu si longtemps, demande-t-elle.
Le mouvement Cafards est né en mai sur les réseaux sociaux. Il a été lancé par un étudiant indien diplômé aux États-Unis. La colère a explosé après l’annulation d’un examen national d’accès aux études de médecine qui concernait 2 millions de candidats. Les sujets avaient fuité et plusieurs suicides ont été rapportés par la presse locale. Le nom du groupe vient d’une déclaration polémique du président de la Cour suprême qui avait traité les jeunes chômeurs de parasites. En quelques semaines, le collectif est devenu le porte-parole des inquiétudes de toute une génération. Malgré une forte croissance économique, les jeunes peinent à trouver du travail. Et ils dénoncent la dérive autoritaire de Narendra Modi. En parallèle, une figure de la société civile, Sonam Wangchuk, a mis fin jeudi à sa grève de la faim entamée le 28 juin. Il a obtenu des garanties écrites du gouvernement. Aucune poursuite ne sera engagée contre les manifestants pacifiques. Et un débat parlementaire sur l’éducation est promis. Mais la question centrale reste la même. Le ministre de l’Éducation tiendra-t-il encore longtemps.
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