Monde
Six candidats pour un fauteuil menacé la course à l’ONU s emballe
Pour la première fois, les six prétendants au poste de secrétaire général des Nations unies se sont retrouvés face au public dans la salle de l’Assemblée…


Pour la première fois, les six prétendants au poste de secrétaire général des Nations unies se sont retrouvés face au public dans la salle de l’Assemblée générale. Mais entre crises financières, veto des grandes puissances et absence de favori clair, la compétition s’annonce plus prudente que passionnée.
Ils sont six et ils veulent tous le même job. La Chilienne Michelle Bachelet, l’Équatorienne Maria Fernanda Espinosa, l’Argentin Rafael Grossi, la Costaricaine Rebeca Grynspan, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et le Sénégalais Macky Sall se sont prêtés à un exercice inédit. Pendant quatre-vingt-dix minutes, ils ont répondu aux questions des diplomates, des employés de l’ONU et de la société civile. La première question posée par les modérateurs était simple et brutale. « Qu’est-ce qui fait de vous la meilleure personne pour ce poste ? » Chaque candidat disposait de deux minutes pour convaincre.
L’enjeu est colossal. L’ONU traverse une crise financière profonde et une perte de confiance généralisée. L’administration américaine, menée par Donald Trump, accuse l’organisation de dépenser sans compter et sans résultats visibles. Washington exige un retour aux bases : la paix et la sécurité. D’autres pays rappellent que les droits humains et le développement sont tout aussi essentiels. Les candidats doivent donc naviguer entre ces exigences contradictoires sans froisser les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, qui disposent d’un droit de veto. Une équation délicate qui explique pourquoi la campagne manque d’énergie, selon les observateurs. Richard Gowan, analyste, compare cette course à celle de 2016. « À l’époque, c’était plus animé, plus de candidats, plus d’intrigues. Cette fois, tout le monde sait que c’est crucial, mais personne ne veut prendre de risque. »
Le processus de sélection est long et opaque. Le 30 juillet, les quinze membres du Conseil de sécurité voteront pour la première fois à huis clos, de manière anonyme. Il faudra réunir neuf voix sans qu’aucun veto ne soit opposé par les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie ou la Chine. Le nom retenu sera ensuite transmis à l’Assemblée générale pour une nomination formelle, prévue le 1er janvier 2027. Mais l’issue reste incertaine. Plusieurs capitales n’ont pas encore fait leur choix. Rafael Grossi est souvent cité comme favori, mais sans avoir verrouillé la course. Rebeca Grynspan et Carolyn Rodrigues-Birkett comptent aussi de nombreux soutiens. Et la surprise pourrait venir d’un candidat encore non déclaré, comme le président de la Fifa Gianni Infantino, dont le nom circule dans les couloirs.
Une tradition non écrite veut que le poste revienne cette fois à l’Amérique latine. De nombreux États militent également pour qu’une femme l’occupe pour la première fois. Mais rien n’est joué. La bataille pour diriger l’organisation la plus puissante du monde ne fait que commencer. Et elle s’annonce pleine de suspense.
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