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La faim recule un peu dans le monde… mais les prochains mois pourraient tout gâcher

Pour la première fois, moins de 8% de la population mondiale souffre de sous-alimentation. Pourtant, conflits et dérèglement climatique menacent de faire…

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La faim recule un peu dans le monde… mais les prochains mois pourraient tout gâcher

Pour la première fois, moins de 8% de la population mondiale souffre de sous-alimentation. Pourtant, conflits et dérèglement climatique menacent de faire repartir la courbe à la hausse.

L’an dernier, 645 millions de personnes n’ont pas mangé à leur faim. C’est mieux qu’en 2022, où la barre des 688 millions avait été franchie sous l’effet du Covid et de la crise économique. Mais ce progrès reste timide et surtout très fragile. Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, le dit lui-même : la faim n’est pas une fatalité, mais les avancées sont lentes, inégales et ne tiennent qu’à un fil.

Le rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture montre que la situation est particulièrement grave en Afrique. Un habitant sur cinq y souffre de sous-alimentation chronique. Le centre de gravité de la faim s’est déplacé de l’Asie vers ce continent. Il y a vingt-cinq ans, la Chine avait encore un problème majeur. Elle l’a résolu. L’Inde fait aussi des efforts. Mais l’Afrique cumule les difficultés : conflits armés au Soudan, dans la région du Sahel, en République démocratique du Congo, et chocs climatiques récurrents qui détruisent les récoltes et privent les populations de leurs terres.

À ces chiffres s’ajoutent ceux de l’insécurité alimentaire modérée ou sévère. Plus de 2,1 milliards de personnes mangent de façon irrégulière ou trop peu variée. Près d’un tiers de l’humanité ne peut pas s’offrir une alimentation saine. Les prix ont bondi de 25 % en cinq ans. Et les conséquences ne se limitent pas à la faim : 150 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de retards de croissance. En parallèle, l’obésité chez les adultes continue d’augmenter, touchant déjà plus de 16 % de la population mondiale.

Les prochains mois s’annoncent préoccupants. L’explosion du prix des engrais, liée aux tensions au Moyen-Orient, menace directement les agriculteurs en Afrique et en Asie. Le phénomène climatique El Niño pèse sur les récoltes en Inde, en Afrique et dans le couloir sec d’Amérique du Sud. La FAO redoute une nouvelle flambée des prix en 2026. Des ONG comme Action contre la Faim tirent la sonnette d’alarme : elles ont déjà dû stopper plus de 50 projets dans 20 pays, faute de financements. David Laborde, économiste à la FAO, rappelle que certains pays n’ont aucune responsabilité dans les crises qui les frappent. Le Malawi, par exemple, subit les conséquences d’une guerre dans le Golfe sans y être impliqué. Pour lui, la communauté internationale doit absorber ces chocs, et non les laisser peser sur les plus vulnérables.

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