Monde
Varicelle à Gaza les enfants grattent leurs boutons dans des tentes sans hygiène
Rouba, 8 ans, a le corps couvert de vésicules et lutte pour ne pas se gratter. Dans les camps de Gaza, des milliers d’enfants vivent le même calvaire…

Rouba, 8 ans, a le corps couvert de vésicules et lutte pour ne pas se gratter. Dans les camps de Gaza, des milliers d’enfants vivent le même calvaire faute d’eau, de savon et de médicaments.
Sa sœur Alaa raconte l’impuissance. Le médecin leur a dit de laver Rouba tous les jours et de l’isoler pendant vingt jours. Mais comment faire quand toute la famille dort sous la même tente dans une chaleur étouffante. Dans le nord de Gaza, la varicelle, habituellement bénigne chez les enfants, devient un vrai casse-tête médical. Les vésicules se surinfectent vite quand l’eau manque et que les corps se touchent. Près de 9 300 cas suspects ont déjà été recensés par l’Unicef, surtout dans le sud du territoire. Et dans les dispensaires, les enfants défilent en silence, tee-shirt relevé, la peau couverte de centaines de boutons qui suintent.
Les consignes des dermatologues sont pourtant claires. Isoler le malade. Nettoyer la peau chaque jour. Ne pas gratter. Mais dans les camps surpeuplés, c’est mission impossible. Une vingtaine de personnes s’entassent parfois dans une seule tente. L’eau n’arrive qu’une fois par semaine et elle est salée. Plus de shampoing, plus de lessive, plus de savon. Alors les enfants passent leurs journées au milieu des eaux croupies, des tas d’ordures et des rats. Ils ne vont presque plus à l’école. Les démangeaisons les empêchent de dormir. « Avant je prenais une douche tous les jours », se souvient Rouba, les jambes couvertes de cloques.
La varicelle n’est qu’un symptôme parmi d’autres de l’effondrement sanitaire à Gaza. Infections respiratoires, diarrhées, gale, puces, poux. Plus de la moitié des familles signalent aujourd’hui des maladies de peau. Les enfants sont de plus en plus nombreux à avoir besoin d’une hospitalisation. Mais le système de santé du territoire est à genoux après deux ans de guerre. Les organisations humanitaires réclament plus de médicaments. Comme le résume une porte-parole de l’Unicef, tant que les causes profondes ne seront pas traitées, ces maladies ne disparaîtront pas.
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