Monde
Nouvel accrochage en mer de Chine juste avant le grand rendez-vous diplomatique de l’ASEAN
Un marin philippin est blessé près d’un récif disputé. Les États-Unis et la Chine s’accusent mutuellement alors que les ministres se réunissent à Manille.


Un marin philippin est blessé près d’un récif disputé. Les États-Unis et la Chine s’accusent mutuellement alors que les ministres se réunissent à Manille.
Tout a commencé par un incident de plus dans les eaux contestées de la mer de Chine méridionale. L’armée philippine accuse les garde-côtes chinois d’avoir blessé un de ses marins près du récif Second Thomas, dans l’archipel des Spratleys. Ce lieu est stratégique. Des soldats philippins y sont postés sur un vieux navire échoué volontairement en 1999 pour marquer leur souveraineté. La Chine, elle, dénonce une provocation délibérée de Manille. Elle a convoqué l’ambassadeur philippin et affirme que les Philippines ont déformé les faits. Les deux pays s’accrochent régulièrement dans cette zone cruciale pour le commerce maritime mondial. Pékin revendique la quasi-totalité de cette mer, contre l’avis d’un tribunal international qui lui a donné tort.
Cet accrochage tombe pile au moment où les diplomaties de la région se retrouvent aux Philippines. L’Asean, l’organisation des onze pays d’Asie du Sud-Est, tient une réunion à Manille. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio est sur place pour son premier déplacement dans le pays. Il dénonce l’attitude dangereuse de la Chine et défend la liberté de navigation. Dans une tribune, il prévient que si ces eaux tombaient sous le contrôle d’une puissance prête à utiliser le commerce comme arme, ce serait une menace grave pour la souveraineté et l’avenir économique de tous. Rubio se dit prêt à rencontrer son homologue chinois Wang Yi, également attendu. Mais la confiance n’est pas au rendez-vous.
Au-delà de la mer de Chine, d’autres sujets divisent les participants. La Birmanie, membre de l’Asean, est en pleine guerre civile depuis le coup d’État de 2021. Ses dirigeants sont exclus des grandes rencontres. La Thaïlande pousse pour une réintégration, tandis que la Malaisie s’y oppose tant que l’oppression continue. L’énergie aussi est un enjeu brûlant. Les Philippines, qui ont déclaré l’état d’urgence énergétique en mars, cherchent à diversifier leurs achats de pétrole, notamment auprès de la Russie. L’Asean tente d’avancer sur un partage des carburants et une connexion des réseaux électriques. Mais l’incident naval jette une ombre supplémentaire sur les discussions. Beaucoup d’analystes estiment qu’un futur code de conduite avec la Chine, même signé, n’aurait aucune portée réelle. La méfiance est trop grande.
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