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À Manille, l’Asie du Sud-Est cherche sa voix entre Birmanie et grandes puissances

Les ministres des Affaires étrangères de l’Asean se retrouvent aux Philippines en pleine nouvelle flambée au Moyen-Orient. Au centre des débats, la place…

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À Manille, l’Asie du Sud-Est cherche sa voix entre Birmanie et grandes puissances

Les ministres des Affaires étrangères de l’Asean se retrouvent aux Philippines en pleine nouvelle flambée au Moyen-Orient. Au centre des débats, la place de la Birmanie et l’ombre des États-Unis, de la Chine et de la Russie.

C’est une réunion sous haute tension qui s’ouvre ce mardi à Manille. Les diplomates des dix pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est sont rejoints par les représentants de grandes puissances comme les États-Unis, la Chine, le Japon et la Russie. L’ambiance est électrique. D’un côté, la guerre au Moyen-Orient pèse sur l’économie mondiale. De l’autre, des divergences internes profondes menacent la cohésion du bloc.

Le dossier le plus brûlant reste la Birmanie. Depuis le coup d’État de la junte en 2021, ses dirigeants sont exclus des grandes rencontres de l’Asean. Le pays est en proie à une guerre civile. Un plan de paix, le Consensus en cinq points, avait été adopté en 2021. La Birmanie l’avait accepté puis ignoré. Aujourd’hui, les positions des membres de l’Asean divergent fortement. La Thaïlande, qui partage une longue frontière avec la Birmanie et accueille de nombreux réfugiés, milite pour une réintégration. Son ministre des Affaires étrangères a récemment déclaré qu’après cinq ans, il était temps de parler et d’écouter. Il a même annoncé une visite du chef de la junte birmane en août. À l’inverse, la Malaisie refuse tout dialogue à haut niveau tant que l’oppression continue, selon les mots de son ministre.

Les grandes puissances ne sont pas en reste. Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, doit arriver mardi. Sergueï Lavrov, son homologue russe, est aussi attendu. La Chine a confirmé la venue de son ministre Wang Yi seulement la veille. Rubio s’est dit prêt à rencontrer Lavrov et Wang. Un échange qui interviendrait juste après des accusations américaines d’ingérence électorale chinoise. Les États-Unis cherchent à contrer l’influence croissante de Pékin dans la région. Un sujet sensible : la mer de Chine méridionale. Les navires chinois et philippins s’y accrochent régulièrement. Lundi encore, l’armée philippine a accusé les garde-côtes chinois d’avoir blessé l’un de ses marins près d’un avant-poste. Pékin a démenti. Les Philippines espèrent un Code de conduite avec la Chine avant la fin de leur présidence annuelle du bloc. Mais les analystes estiment qu’un tel accord, signé par Pékin, n’aurait aucune force réelle.

Enfin, la sécurité énergétique régionale est à l’ordre du jour. L’Asean veut accélérer la ratification d’un accord-cadre sur le partage des carburants. En mai, les pays membres ont approuvé l’idée de connecter leurs réseaux électriques pour échanger du courant au-delà des frontières. Des chantiers concrets, mais qui risquent d’être relégués au second plan par les affrontements diplomatiques qui s’annoncent à Manille.

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