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En Inde le « parti des cafards » tient tête au gouvernement après une répression violente

Des milliers d’étudiants ont manifesté lundi à New Delhi pour exiger le départ du ministre de l’Éducation. Malgré des charges policières qui ont fait au…

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En Inde le "parti des cafards" tient tête au gouvernement après une répression violente

Des milliers d’étudiants ont manifesté lundi à New Delhi pour exiger le départ du ministre de l’Éducation. Malgré des charges policières qui ont fait au moins 180 blessés, le mouvement promet de continuer jusqu’à obtenir des réformes.

Il s’appelle le « parti des cafards » et ses initiales, CJP, singent délibérément celles du parti au pouvoir, le BJP de Narendra Modi. Ce mouvement est né en mai dernier de la colère d’une jeunesse indienne qui n’en peut plus des fraudes aux examens et du manque de perspectives. Lundi, il a réussi à rassembler dans la capitale l’une des plus grandes manifestations que l’Inde ait connues depuis cinq ans. Les étudiants réclament le départ du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan, et une refonte en profondeur du système d’examens.

La manifestation a été réprimée avec une rare violence. La police a tiré des gaz lacrymogènes et chargé les manifestants à coups de bâton pour les empêcher de marcher vers le Parlement. Selon les autorités, 178 personnes ont été blessées dont 118 membres des forces de l’ordre. Les organisateurs parlent eux de « centaines » de blessés parmi les étudiants. Un responsable du CJP, Ashutosh Ranka, a qualifié la journée de « honteuse » pour la démocratie indienne. Mais sur place, mardi, les manifestants campent toujours, déterminés. L’un d’eux, Chandra Pratap Sishwi, futur avocat, raconte avoir vu des gens se faire tabasser et assure que cela n’a fait qu’attiser sa colère.

Ce mouvement ne sort pas de nulle part. L’Inde connaît une croissance économique rapide, mais des millions de jeunes peinent à trouver un emploi stable et bien payé. Le système d’examens, censé être un ascenseur social, est miné par les fuites et les scandales. En mai, une fraude a invalidé un test passé par deux millions d’aspirants en médecine, poussant plusieurs candidats au suicide. Le fondateur du CJP, Abhijeet Dipke, un étudiant fraîchement diplômé des États-Unis, exhorte ses troupes à ne pas perdre espoir. L’opposition, par la voix de Rahul Gandhi, demande un débat au Parlement en estimant que si l’institution ne peut pas discuter de l’avenir de la jeunesse, elle ne sert à rien. Pour l’instant, le gouvernement reste muet, mais la contestation ne montre aucun signe d’essoufflement.

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