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Corse à l’Assemblée le débat sur l’autonomie s’invite dans l’hémicycle

Le gouvernement veut boucler le dossier corse en faisant adopter un statut d’autonomie au Parlement. Mais entre partisans d’une île plus libre et…

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Corse à l'Assemblée le débat sur l'autonomie s'invite dans l'hémicycle

Le gouvernement veut boucler le dossier corse en faisant adopter un statut d’autonomie au Parlement. Mais entre partisans d’une île plus libre et défenseurs d’une République intouchable, la discussion s’annonce tendue.

Les députés entament mardi soir un débat très attendu sur l’avenir de la Corse. Au cœur des discussions, un texte qui doit inscrire dans la Constitution un « statut d’autonomie au sein de la République ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu pousse pour que ce projet aboutisse, malgré les divisions au sein même de sa majorité. Il a réuni les cadres du camp présidentiel lundi soir pour mettre la pression. L’objectif est clair : faire adopter le texte par l’Assemblée, puis par les 3/5e des parlementaires réunis en congrès à Versailles. Un chemin semé d’embûches.

Ce projet de réforme n’est pas sorti de nulle part. Il a été lancé en 2022 par Emmanuel Macron après les violences qui ont suivi la mort du militant indépendantiste Yvan Colonna en prison. Concrètement, il permettrait à la Corse d’obtenir des dérogations aux lois nationales. Mais le point qui fâche, c’est la possibilité pour la collectivité insulaire de prendre elle-même des dispositions législatives et réglementaires, sous contrôle d’une future loi organique. Pour ses partisans comme Laurent Marcangeli, député Horizons de Corse-du-Sud, il s’agit simplement d’adapter la République à une réalité singulière. Il rappelle que l’île doit composer à la fois avec la loi montagne et la loi littoral.

Les détracteurs sont nombreux et de tous bords. À droite, François-Xavier Ceccoli craint que ce texte n’ouvre la porte à des pressions de la criminalité organisée sur les élus corses. Il veut que tout projet de dérogation soit d’abord validé par Paris. À l’extrême droite, Marine Le Pen dénonce un texte « dangereux » qui crée une « rupture avec la France ». Elle propose une alternative : ce serait l’État qui autoriserait la Corse à déroger, cas par cas, et non l’inverse. Elle menace de voter contre le texte en l’état. La ministre de la Décentralisation Françoise Gatel leur répond en minimisant les risques : la Corse restera soumise au droit national pour les domaines régaliens et au droit européen.

Les socialistes n’ont pas encore tranché. Les écologistes et les insoumis sont ouverts à l’idée, mais demandent des garanties, notamment une clause qui empêcherait toute régression environnementale ou sociale. De leur côté, les députés indépendants du groupe Liot semblent prêts à soutenir le gouvernement. Le débat est lancé, mais l’avenir de ce texte reste très incertain. La question qui traverse l’hémicycle est simple : jusqu’où peut-on adapter la République sans la fragiliser ?

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