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Le feu dévore aussi les commerces du bassin d’Arcachon

Les incendies en Gironde ne laissent aucune répit aux habitants ni aux travailleurs. Des milliers d’entreprises sont à l’arrêt, et beaucoup…

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Le feu dévore aussi les commerces du bassin d'Arcachon

Les incendies en Gironde ne laissent aucune répit aux habitants ni aux travailleurs. Des milliers d’entreprises sont à l’arrêt, et beaucoup d’entrepreneurs redoutent une saison estivale anéantie.

Sur la route du Grand Crohot, à Lège-Cap-Ferret, le fumoir artisanal de Bénédicte Baggio est inaccessible. Son stock de poissons fumés, vital pour son activité, est probablement perdu. Sans savoir quand elle pourra rouvrir, elle se retrouve dans l’impuissance. Elle n’est pas seule. À Arès, Jérôme Elies loue des vélos. Le feu s’est arrêté à cinquante mètres de sa boutique, mais les touristes ont fui. Ses pertes de chiffre d’affaires atteignent déjà 25 000 euros, alors que l’été représente l’essentiel de son chiffre annuel. Les annulations s’enchaînent, et avec elles, l’angoisse de ne pas tenir jusqu’à l’hiver. Carole Maret, créatrice de bijoux à Lège-Cap-Ferret, résume la situation d’une phrase. Ces mois d’été lui permettaient de vivre le reste de l’année. Aujourd’hui, elle craint une vague de faillites. Selon la chambre de commerce locale, environ 14 500 entreprises sont paralysées dans le département. Près de 130 000 salariés ne peuvent plus travailler à cause des incendies.

Côté assurances, l’espoir est mince. Les feux de forêt ne sont pas considérés comme des catastrophes naturelles. Les contrats classiques n’indemnisent les pertes d’exploitation qu’en cas de dégâts matériels directs. Un commerce fermé sur ordre préfectoral n’est pas couvert. Mathias Saura, du Medef Gironde, rappelle que les assureurs ne compensent pas les décisions des pouvoirs publics. Les petits artisans, comme Carole Maret, travaillent sans filet de sécurité. Seules les très grosses entreprises peuvent espérer une indemnisation pour perte d’exploitation. Pour les salariés, des dispositifs d’urgence ont été activés, comme le chômage partiel. Bénédicte Baggio y a eu recours pour ses deux employés. Mais elle et son associé, en tant qu’indépendants, n’y ont pas accès.

Face à cette situation inédite, les organisations patronales réclament des mesures à la hauteur. Cécile Despons, présidente des Entrepreneurs de Gironde, insiste sur l’urgence d’éviter une double peine pour les entreprises. Certains chefs d’entreprise ont perdu leur logement. Sa cellule de crise a été activée pour les soutenir. Carole Maret espère une aide gouvernementale exceptionnelle, similaire à celle déployée pendant le Covid. Le gouvernement a promis d’être aux côtés des sinistrés et doit apporter des réponses précises. En attendant, certains tentent de s’adapter. Jérôme Elies envisage de proposer des offres à prix réduits pour attirer les derniers vacanciers et soutenir une région qui, malgré les flammes, a encore de belles choses à offrir.

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