Économie
La double peine des soldes d’été
Dès le premier jour, la canicule a vidé les rues et les caisses. Malgré une semaine de rabais supplémentaire, les commerçants jugent l’opération quasi…

Dès le premier jour, la canicule a vidé les rues et les caisses. Malgré une semaine de rabais supplémentaire, les commerçants jugent l’opération quasi irrattrapable.
Les soldes d’été ont débuté sous un soleil de plomb. Le 24 juin, alors que la France suffoquait, 72 départements basculaient en vigilance rouge. Les centres-villes, étouffants, se sont vidés. Les boutiques, parfois sans climatisation, ont vu leurs portes à peine pousser. Résultat direct : une chute des ventes de 11% dès la première semaine pour les indépendants, du jamais vu. Un départ « tellement mauvais » qu’il est « quasiment irrattrapable », selon les mots d’un responsable de la fédération du prêt-à-porter féminin. Le gouvernement a alors repoussé la fin des soldes d’une semaine, histoire de laisser une chance aux stocks de s’écouler.
Mais cette rallonge n’a pas suffi à inverser la tendance. Les quatre premières semaines de promotions affichent une baisse moyenne de 1,3% en valeur par rapport à l’année précédente. Pire, près de six commerces sur dix constatent une fréquentation en recul. Dans la capitale, 61% des boutiquiers estiment que la prolongation n’a eu aucun effet positif sur leurs ventes. Les magasins indépendants sont les plus touchés, surtout quand ils n’ont pas la clim. Car si 93% des enseignes parisiennes appartenant à un groupe en sont équipées, ce n’est le cas que pour 63% des indépendants. La chaleur a joué les voleurs de chiffre d’affaires.
Au-delà de la météo, c’est le modèle même des soldes qui vacille. Les promotions se multiplient toute l’année, du Black Friday aux French Days. Pendant ce temps, des plateformes d’ultra fast fashion asiatiques et la seconde main cassent les prix en permanence. Résultat : l’engouement d’antan s’étiole. « Les gens ne font plus la queue devant les magasins », regrette un professionnel. Certains appellent à moderniser le calendrier, en décalant les soldes hors des pics de chaleur. D’autres réclament une vraie régulation des multiples périodes de rabais. Une chose est sûre : entre le climat qui se dérègle et les habitudes qui changent, les traditionnelles semaines de rabais n’ont plus le même pouvoir d’attraction.
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