Économie
LVMH l’Amérique compense la crise au Moyen-Orient
Porté par la demande américaine, LVMH affiche des ventes en hausse de 3% au deuxième trimestre. Mais la guerre au Moyen-Orient et la force du dollar…


Porté par la demande américaine, LVMH affiche des ventes en hausse de 3% au deuxième trimestre. Mais la guerre au Moyen-Orient et la force du dollar pèsent sur les comptes du géant du luxe.
Le groupe de Bernard Arnault vient de publier ses résultats semestriels. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’histoire est à deux vitesses. D’un côté, les ventes atteignent 19,5 milliards d’euros, portées par une clientèle américaine qui consomme sans frein. Cette hausse organique de 3% dépasse même les prévisions des analystes, qui tablaient sur 2,5%. Mais de l’autre côté, les tensions au Moyen-Orient et la guerre en Iran plombent les dépenses des touristes et des clients locaux. Sans ce conflit, la progression aurait été de 4%, calcule le groupe.
Le problème ne s’arrête pas là. Le résultat opérationnel courant, lui, recule de 4% sur le premier semestre en données publiées. La faute aux changes. Le dollar fort et les autres devises ont coûté 700 millions d’euros au géant du luxe. En excluant cet effet, la performance serait en hausse de 4%. La marge reste stable à 22,5%, un chiffre que LVMH juge satisfaisant dans ce contexte. Mais ce sont surtout la mode et la maroquinerie, cœur du réacteur du groupe, qui inquiètent. Leurs ventes n’ont grimpé que de 1% au deuxième trimestre, légèrement en dessous des attentes. Heureusement, les montres et la joaillerie ont bondi de 11%, et Sephora, avec sa distribution sélective, a progressé de 6%.
Cette publication intervient dans un climat tendu pour les investisseurs. Depuis le début de l’année, l’action LVMH a chuté de 28%, l’une des moins bonnes performances des grandes entreprises européennes. Le PDG Bernard Arnault avait déjà prévenu ses actionnaires en avril : la reprise dépendra de l’issue de la « crise très grave » au Moyen-Orient. Mais le dirigeant fait face à un autre front. Le quotidien Le Monde a publié une série d’articles sur son influence auprès des présidents français, son contrôle de médias comme Les Échos et Le Parisien, et les rivalités entre ses cinq enfants pour sa succession. Bernard Arnault a répondu publiquement, avec ironie, pour défendre l’unité de sa famille. LVMH, lui, continue d’avancer porté par les États-Unis, mais le chemin reste semé d’incertitudes.
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