Politique
Un centriste prend la tête du gouvernement de Nouvelle-Calédonie grâce à une alliance inédite
Le petit parti Éveil océanien détient une clé stratégique dans l’hémicycle. En s’alliant avec les non-indépendantistes, il propulse son leader Milakulo…


Le petit parti Éveil océanien détient une clé stratégique dans l’hémicycle. En s’alliant avec les non-indépendantistes, il propulse son leader Milakulo Tukumuli à la présidence de l’exécutif local.
Nouvelle-Calédonie, nouveau capitaine. Milakulo Tukumuli vient d’être élu à la tête du gouvernement collégial. Il l’a emporté de justesse, six voix contre cinq, face au candidat indépendantiste Gilbert Tyuienon.
Ce résultat est le fruit d’un subtil jeu d’alliances. Le parti de Tukumuli, l’Éveil océanien, ne compte pourtant que quatre élus au Congrès. Mais il détient la clé de la majorité. Les indépendantistes restent le premier groupe politique avec 26 sièges sur 54, sans atteindre la majorité absolue. Impossible de gouverner sans ce petit mouvement ancré dans la communauté wallisienne et futunienne.
En 2019, ce parti avait tendu la main aux indépendantistes pour porter Louis Mapou au pouvoir. Cette fois, il change son fusil d’épaule et signe un pacte de gouvernance avec les non-indépendantistes. C’est ce pacte qui a déjà permis à Virginie Ruffenach d’être élue à la tête du Congrès. La vice-présidence du gouvernement revient elle aussi à ce camp, avec Christopher Gygès, ancien porte-parole de l’exécutif sortant.
Du côté du FLNKS, la déception est vive. Juanito Wamytan rappelle l’esprit de l’accord de Nouméa, qui voulait que la présidence revienne à la majorité et la vice-présidence à l’opposition. Avec cet accord, cette tradition tombe. Il appelle malgré tout les onze membres à trouver des équilibres pour sortir le pays de l’ornière. Une ornière bien réelle depuis les émeutes de mai 2024, qui ont fait 14 morts et causé plus de deux milliards d’euros de dégâts. Le nouveau président promet un gouvernement « collégial et solidaire », avec une mission simple, réformer le pays. Le partage des portefeuilles doit maintenant se faire dans les dix prochains jours.
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