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Plus de 60 000 franchissements à Ceuta et la campagne française s’enflamme

La situation à la frontière maroco-espagnole devient un champ de bataille politique en France. Droite et extrême droite attaquent Pedro Sánchez, la gauche…

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Plus de 60 000 franchissements à Ceuta et la campagne française s'enflamme

La situation à la frontière maroco-espagnole devient un champ de bataille politique en France. Droite et extrême droite attaquent Pedro Sánchez, la gauche crie à la manipulation.

Quelques jours ont suffi pour que l’image de centaines de jeunes gens franchissant la frontière marocaine fasse le tour des réseaux sociaux. Selon les autorités espagnoles, environ 60 000 personnes sont entrées sans autorisation dans l’enclave de Ceuta, un territoire espagnol posé sur la côte africaine. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, parle d’une violation de l’intégrité territoriale de son pays. Les autorités assurent que 25 000 de ces migrants sont déjà repartis vers le Maroc. Ce qui a déclenché cette arrivée massive reste pour l’instant difficile à expliquer.

Paris a réagi vite. Emmanuel Macron a demandé à Laurent Nuñez de renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne. Le ministère de l’Intérieur a activé la Force frontière d’intervention rapide pour mener des contrôles en profondeur. La classe politique française, à quelques mois de la présidentielle, est immédiatement passée à l’offensive. Marine Le Pen fustige sur X des entrées massives et coordonnées qu’elle estime encouragées par Madrid. Le plan de régularisation de sans-papiers lancé en début d’année par l’Espagne, qui doit concerner environ 500 000 personnes, se retrouve au cœur des attaques. Jordan Bardella, pour le RN, et Bruno Retailleau, pour Les Républicains, réclament une suspension de l’Espagne de l’espace Schengen. Bardella demande aussi une réunion d’urgence au Parlement européen.

Face à ces accusations, la gauche dénonce une instrumentalisation. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, résume ces critiques en un mot, mensonges. Il rappelle que le plan de régularisation espagnol s’est achevé le 30 juin et que Ceuta est déjà soumise à des mesures dérogatoires de contrôle aux frontières. Jean-Luc Mélenchon, lui, appelle à une coordination européenne pour l’aide humanitaire, alors que 34 personnes sont mortes en tentant d’entrer dans l’enclave. L’UE rappelle que la situation reste localisée à Ceuta, que l’enclave se trouve en Afrique et qu’aucun mouvement n’a été détecté sur le continent européen.

Au centre, les positions divergent. Édouard Philippe juge inacceptable qu’un pays décide seul de régularisations massives qui créent, selon lui, un appel d’air pour tout le continent. Il promet de remettre ce modèle à plat s’il est élu. Gabriel Attal, sans charger Madrid, réclame un rapport de force inédit contre les pays tiers et les réseaux de passeurs. Il exhorte aussi l’Europe à mettre en œuvre le Pacte sur la migration et l’asile, adopté en 2024 mais encore partiellement absent du droit français. L’Espagne reste l’une des trois principales portes d’entrée de l’immigration en Europe, avec l’Italie et la Grèce. Les autorités espagnoles comptent près de 37 000 entrées irrégulières en 2025, contre 64 000 l’année précédente, soit une baisse de 42,6 %.

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