Politique
Les banques ne financeront pas la présidentielle sans l’État à leurs côtés
Les candidats à la présidentielle de 2027 sont en quête d’argent. Les banques refusent d’avancer seules et réclament un partage des risques avec l’État.


Les candidats à la présidentielle de 2027 sont en quête d’argent. Les banques refusent d’avancer seules et réclament un partage des risques avec l’État.
Le prochain patron des banques françaises ne tourne pas autour du pot. Olivier Gavalda, qui prendra la tête de la Fédération bancaire française en septembre, rappelle que prêter de l’argent impose une quasi-certitude d’être remboursé. Or, pour une campagne présidentielle, l’aléa est trop grand. Il reconnaît que laisser les candidats sans financement poserait une vraie question démocratique, qui touche toutes les formations politiques, de La France insoumise au Rassemblement national.
Les banques ne comptent pas rester les bras croisés. La FBF a saisi officiellement le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour réclamer des garanties de l’État sur les prêts destinés aux candidats, y compris ceux du RN. Matignon planche sur un dispositif où l’État et les banques se partageraient les pertes en cas de défaut de remboursement. Une piste qui fait grincer des dents à gauche, où l’on dénonce un soutien déguisé à l’extrême droite. Du côté du gouvernement, on avance surtout la nécessité de protéger les partis des ingérences étrangères. Un risque devenu bien réel depuis que Marine Le Pen a dû emprunter à des banques russes et hongroises, faute de trouver preneur en France.
Le cas du RN illustre parfaitement le malaise. La cheffe de file du parti, Marine Le Pen, a été condamnée en appel le 7 juillet pour détournements de fonds publics et s’est pourvue en cassation. Les banques se montrent d’autant plus frileuses qu’elles redoutent l’impact sur leur image. Le 20 juillet, une réunion à Matignon avec les principaux établissements a permis d’aborder le sujet. Du côté du Crédit Agricole, la position est sans appel. Olivier Gavalda l’affirme sans détour. Financer une campagne présidentielle est totalement exclu de sa politique de risque.
Pour comprendre cette prudence, il faut regarder ce qui peut mal tourner. D’abord, un candidat doit dépasser la barre des 5% des voix pour espérer voir ses dépenses remboursées. Ensuite, même au-delà de ce seuil, l’État ne rembourse que jusqu’à 8 millions d’euros pour un premier tour, et 10,7 millions pour un second tour, à condition que les comptes de campagne soient validés par la commission compétente. L’affaire Bygmalion en 2012 reste dans les mémoires. Les comptes de Nicolas Sarkozy avaient été invalidés après la découverte de fausses factures destinées à masquer des dépassements de frais. Voilà de quoi refroidir les banques.
Olivier Gavalda propose donc une solution de contournement. Plutôt que chaque banque prête individuellement, elles participeraient toutes à un « pool » commun. Ce système éviterait les problèmes de réputation, de choix ou d’engagement. Le tout pourrait être inscrit dans le projet de loi de finances pour 2027, examiné à l’automne au Parlement. Reste à savoir si l’État suivra et jusqu’où il acceptera de s’engager. Une chose est sûre, le dossier s’annonce brûlant pour les prochains mois.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 6 joursCes influenceurs qui vendent du rêve et que leurs abonnés commencent à lâcher



SociétéEn Ligne 6 joursÀ Bussy-Saint-Georges, le plus grand temple hindou d’Europe continentale a ouvert ses portes



ÉconomieEn Ligne 2 joursLidl France change de patron et surprend ses propres équipes



CultureEn Ligne 5 joursCatherine Ringer, la voix libre des Rita Mitsouko, s’est tue



MondeEn Ligne 6 joursTotalEnergies veut injecter 16 milliards de dollars dans le pétrole irakien



SportsEn Ligne 7 joursBordeaux sombre à Toulouse et mesure encore l’écart



EuropeEn Ligne 4 joursFace aux attaques hybrides venues de Russie, Macron convoque son état-major et bouscule son agenda



EuropeEn Ligne 5 joursLa Hongrie traque les milliards envolés de l’ère Orban








