Société
31 migrants morts dans la Manche quatorze suspects jugés pour le pire naufrage
Cinq ans après le drame, quatorze personnes sont envoyées en correctionnelle pour la mort de 31 migrants dans la Manche en novembre 2021. Elles sont…


Cinq ans après le drame, quatorze personnes sont envoyées en correctionnelle pour la mort de 31 migrants dans la Manche en novembre 2021. Elles sont soupçonnées d’avoir organisé la traversée fatale sur un canot surchargé et non homologué.
Ce naufrage reste le plus meurtrier jamais enregistré dans la Manche. Dans la nuit du 23 au 24 novembre 2021, une petite embarcation de mauvaise qualité, sans gilets de sauvetage adaptés et bien trop chargée, a coulé à la limite des eaux françaises et britanniques. Les secours ont retrouvé 17 hommes, sept femmes, deux adolescents et une fillette de sept ans. La plupart venaient d’Afghanistan ou de la zone irako-kurde. Depuis, l’enquête a établi que trois Irakiens et un Égyptien avaient probablement aussi disparu. Seuls deux hommes ont survécu.
Les quatorze mis en cause sont nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak. La justice les poursuit pour homicide involontaire, aide au séjour irrégulier en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs. Les enquêteurs ont mis au jour deux filières distinctes. L’une afghane, l’autre irako-kurde. Chacun avait un rôle précis. Certains organisaient la traversée. D’autres conduisaient les migrants ou les hébergeaient avant le départ. La plupart contestent leur responsabilité. Du côté irako-kurde, plusieurs se présentent comme de simples migrants.
Le dossier montre que les victimes venaient du camp de migrants surnommé la jungle de Grande-Synthe, près de Dunkerque. Elles avaient payé une somme exorbitante pour ce voyage. Pour les enquêteurs, cette traversée tragique était le résultat d’une mise en commun des moyens entre réseaux. Tous mus par l’appât du gain. Le matériel fourni était rudimentaire, ce qui rendait l’activité encore plus rentable pour les passeurs. Le naufrage est la conséquence de multiples défaillances matérielles et humaines.
Parallèlement, un volet séparé concerne au moins sept militaires français. Cinq personnels du centre de surveillance et de sauvetage du Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant. Ils sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger. De nouvelles auditions ont eu lieu ces derniers mois. Le procès des quatorze suspects, dont la date n’est pas encore fixée, est attendu par les familles des victimes. Pour la première fois, certaines pourront s’exprimer devant la justice et voir la chaîne des responsabilités se dessiner.
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