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Nirmal Purja, l’homme qui avait conquis les quatorze géants, est mort en montagne

L’alpiniste britanno-népalais laisse derrière lui une carrière hors norme, jalonnée de records absolus. Il a péri jeudi dans une avalanche qui a emporté…

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Nirmal Purja, l’homme qui avait conquis les quatorze géants, est mort en montagne

L’alpiniste britanno-népalais laisse derrière lui une carrière hors norme, jalonnée de records absolus. Il a péri jeudi dans une avalanche qui a emporté dix personnes au Pakistan.

La montagne a repris l’un de ses plus grands enfants. Nirmal Purja, 43 ans, a trouvé la mort jeudi sur le Broad Peak, dans le nord du Pakistan, alors qu’il dirigeait une expédition internationale. L’avalanche a rompu tout contact avec les dix alpinistes à environ 6 600 mètres d’altitude, et son entreprise a annoncé son décès samedi.

Il n’était pas un simple grimpeur. Avant de devenir une star, Nirmal Purja a servi seize ans dans l’armée britannique, d’abord chez les Gurkhas puis dans une unité d’élite de la marine. Il n’a découvert l’alpinisme qu’à 29 ans, lors d’un trek vers le camp de base de l’Everest, où il a gravi le Lobuche, à 6 119 mètres.

En 2019, il a stupéfié le monde. Il a gravi les quatorze sommets de plus de 8 000 mètres en six mois et six jours, alors que le record précédent s’étalait sur sept ans. Il avait fait tatouer ces quatorze montagnes sur son dos, tellement ce défi le hantait. Le documentaire de Netflix consacré à cet exploit l’a rendu célèbre dans le monde entier.

Son style a fait débat. Purja utilisait des guides, de l’oxygène, des cordes fixes et même des hélicoptères pour passer d’un camp de base à l’autre. Ses détracteurs y voyaient une facilité indue, mais ses succès n’en restaient pas moins réels. En 2021, il a réalisé la première ascension hivernale du K2 avec neuf Népalais.

Cette semaine, il avait écrit sur le réseau social X qu’il espérait devenir la première personne à gravir deux fois, sans oxygène, l’ensemble des quatorze super sommets. « Broad Peak, je ne demande rien d’autre qu’un passage sûr vers le haut et vers le bas », avait-il lancé. Il y voyait une mission bien plus grande que lui. « Mon objectif n’a jamais été moi. Il s’agit de vous montrer que vos propres montagnes peuvent être gravies », avait-il ajouté.

Né dans une famille modeste d’un village du Népal, Nims, comme on l’appelait, n’avait pas peur des sacrifices. Il a hypothéqué sa maison pour financer sa quête. « La discipline » était son secret, confiait-il. Après son exploit, il a fondé une société d’expéditions et multiplié les projets pour aider les porteurs et les grimpeurs népalais, longtemps laissés dans l’ombre. Sa fondation a mené des programmes d’éducation et des opérations de nettoyage des montagnes. Il a aussi construit une maison pour accueillir les porteurs sur la route de l’Everest.

Quelques zones d’ombre subsistent dans son histoire. Deux alpinistes l’ont accusé de harcèlement sexuel et d’agression en 2024, ce qu’il a nié. Mais son héritage dépasse les polémiques. Purja voulait ouvrir la voie aux Népalais et prouver que rien n’est impossible. « Il y a toujours de nouvelles frontières à franchir », disait-il. Cette fois, la montagne n’a pas laissé le choix.

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