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Kosovo, les corps d’un charnier remontent à la surface

Un charnier découvert dans le nord du Kosovo livre les restes de sept personnes vingt-cinq ans après la guerre. Le Premier ministre évoque des…

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Kosovo, les corps d'un charnier remontent à la surface

Un charnier découvert dans le nord du Kosovo livre les restes de sept personnes vingt-cinq ans après la guerre. Le Premier ministre évoque des intellectuels enlevés puis exécutés en 1999.

Depuis mardi, des équipes d’excavation creusent dans le village de Kalludër, une localité isolée de la région de Zubin Potok. Les médecins légistes y ont déjà sorti de terre les dépouilles de sept personnes. Le Premier ministre kosovar Albin Kurti est venu sur place samedi pour le confirmer. Selon lui, ce charnier pourrait contenir les restes de 23 Albanais du Kosovo, des hommes enlevés de force, exécutés puis enterrés dans le but de faire disparaître la preuve d’un crime commis au printemps 1999.

Les autorités de Pristina sont formelles. Il s’agirait d’un groupe d’intellectuels de Mitrovica, une ville du nord, des médecins, des professeurs, des défenseurs des droits humains, tous portés disparus depuis le 19 avril 1999. En milieu de semaine, deux Serbes de Zubin Potok ont été arrêtés dans le cadre de cette enquête. L’émotion est vive dans un pays où la guerre a laissé des traces profondes et où chaque découverte de ce type rouvre des blessures jamais refermées.

Le conflit de 1998-1999 a fait environ 13.000 morts, dont 11.000 Albanais kosovars, en grande majorité des civils. Aujourd’hui encore, 1.600 personnes restent introuvables, dont environ 1.100 Albanais et 500 Serbes, Roms ou membres d’autres minorités. Mais les recherches butent sur un obstacle de taille. La Serbie n’a jamais reconnu l’indépendance proclamée par le Kosovo en 2008 et les relations entre les deux voisins restent glacées, ce qui complique l’accès aux archives militaires yougoslaves. Albin Kurti a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle fasse pression sur Belgrade afin d’ouvrir ces documents et de localiser d’autres fosses communes.

Une lueur d’espoir existe malgré tout. Sous l’égide de Bruxelles, une commission conjointe d’experts kosovars et serbes a tenu sa première réunion en janvier. Objectif, lancer une coopération entre Pristina et Belgrade pour retrouver les disparus. Mais pour les familles qui attendent depuis des décennies, chaque corps exhumé est à la fois une souffrance et une réponse. Une vérité qui sort de terre, même si elle met vingt-cinq ans à arriver.

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