Politique
100 jours pour faire basculer le Congrès américain
Les Américains voteront le 3 novembre pour renouveler la Chambre et un tiers du Sénat. Le sort de la présidence Trump se joue dans moins de quatre mois.


Les Américains voteront le 3 novembre pour renouveler la Chambre et un tiers du Sénat. Le sort de la présidence Trump se joue dans moins de quatre mois.
Le compte à rebours est lancé. Dans exactement 100 jours, les électeurs américains décideront qui contrôle le Congrès. Tous les députés de la Chambre des représentants seront renouvelés, ainsi que 35 sièges de sénateurs. Actuellement, les républicains ne tiennent leur majorité que d’une poignée de voix dans les deux chambres. Et l’histoire joue contre eux. Traditionnellement, le parti du président perd des sièges lors des élections de mi-mandat. Surtout quand le président est impopulaire. Et Donald Trump l’est. Seulement 39% des Américains ont une opinion favorable de lui, contre 59% de défavorables. Résultat, les démocrates sont donnés favoris pour reprendre la Chambre.
Mais leur chemin est semé d’embûches. Une vieille astuce politique, le gerrymandering, a été utilisée dans plusieurs États républicains pour redécouper les circonscriptions électorales. Résultat, seules 18 à 20 circonscriptions sur 435 seront vraiment disputées, soit moins de 5%. C’est un coup dur pour les démocrates. Au Sénat, leurs chances de redevenir majoritaires sont plus faibles, mais ils espèrent faire basculer des sièges en Caroline du Nord, dans le Maine, l’Iowa, l’Ohio ou même l’Alaska. Perdre le Congrès serait un revers majeur pour Donald Trump. Sans majorité, il ne pourrait plus imposer son programme législatif. Pire, une Chambre démocrate lancerait des enquêtes sur son gouvernement. Le chef démocrate Hakeem Jeffries l’a dit sans ambages, nous allons faire rendre des comptes aux escrocs. Face à cette menace, Trump relance ses accusations de fraude électorale. Il affirme déjà, sans preuve, que l’élection de 2020 lui a été volée et réclame des élections honnêtes pour 2024.
La campagne s’annonce rude. Les démocrates veulent parler du porte-monnaie. Le coût de la vie, l’alimentation, le logement, l’essence, la santé. Un héritage de la présidence Biden qui persiste et s’aggrave avec la guerre contre l’Iran et la flambée des prix à la pompe. Les républicains, eux, mettent en avant leur bilan sur l’immigration et les baisses d’impôts. Ils cherchent à diaboliser leurs adversaires en les qualifiant de communistes. Mike Johnson, le président républicain de la Chambre, résume la ligne, c’est le bon sens contre les fous, et les démocrates sont du mauvais côté à chaque fois. Mais à l’automne, quand les électeurs seront plus attentifs, les républicains devraient intensifier leurs attaques sur les guerres culturelles, notamment les questions transgenres. Le duel s’annonce serré, et chaque camp mobilise ses meilleurs arguments.
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