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Onze morts à Wintzenheim, la gérante du gîte face à un possible procès

Le parquet de Paris réclame un procès pour la femme qui gérait le gîte de Wintzenheim, où onze personnes ont péri dans les flammes en 2023. Seule mise en…

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Onze morts à Wintzenheim, la gérante du gîte face à un possible procès

Le parquet de Paris réclame un procès pour la femme qui gérait le gîte de Wintzenheim, où onze personnes ont péri dans les flammes en 2023. Seule mise en examen de l’affaire, elle pourrait répondre d’un manquement grave aux règles de sécurité.

La suite judiciaire se précise, près de deux ans après les faits. Le parquet de Paris a demandé le renvoi devant un tribunal de la gérante du gîte de Wintzenheim, dans le Haut-Rhin, où un incendie avait tué onze personnes. Le réquisitoire vise une infraction bien précise, la « violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité ayant involontairement causé la mort ou des blessures ». Si le juge d’instruction suit cette demande, cette femme comparaîtra à double titre, en son nom propre et en tant que dirigeante de la société qui exploitait le lieu. C’est le pôle des accidents collectifs du parquet de Paris qui pilote ce dossier.

Dans la nuit du 9 août 2023, 28 personnes se trouvaient dans le bâtiment au moment où le feu a pris. Dix adultes en situation de handicap mental léger et un accompagnateur n’ont pas survécu. Ils étaient âgés de 23 ans à une cinquantaine d’années et s’appelaient Jennifer, Claude, Jimmy, Jérôme, Marcelle, Laure, Fatima, Jérôme, Régis, Christelle et Thibaud, l’accompagnateur. Les personnes hébergées au rez-de-chaussée ont pu s’en sortir vivantes, tout comme cinq autres qui logeaient dans les étages.

Le gîte occupait une ancienne grange rénovée quelques années plus tôt. D’après la mairie, ce bâtiment n’avait jamais été déclaré et ne répondait pas aux normes en vigueur. Un point central, puisque la mise en cause porte justement sur le respect des obligations de prudence et de sécurité.

La gérante reste la seule personne mise en examen dans ce dossier. Placée sous contrôle judiciaire, elle n’a pas d’équivalent devant la justice parmi les autres acteurs de l’affaire. L’ancien maire de cette commune voisine de Colmar et son adjoint à l’urbanisme ont, eux, été entendus sous un statut plus favorable, celui de témoin assisté. Sollicité sur cette demande de procès, le parquet de Paris n’a pas encore répondu.

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