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Google épinglé pour avoir suivi nos déplacements à notre insu

403 millions d’euros, voilà la facture pour Google, sanctionné pour avoir exploité les données de localisation de ses utilisateurs sans consentement…

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Google épinglé pour avoir suivi nos déplacements à notre insu

403 millions d’euros, voilà la facture pour Google, sanctionné pour avoir exploité les données de localisation de ses utilisateurs sans consentement clair. Une décision qui tombe près de huit ans après les premières plaintes des associations de consommateurs.

C’est la Commission irlandaise pour la protection des données qui a tranché. Google devra verser 403 millions d’euros pour avoir enfreint les règles européennes encadrant l’usage des données de géolocalisation. La somme place cette sanction au quatrième rang des plus lourdes jamais prononcées par l’autorité, qui joue le rôle de superviseur du géant américain à l’échelle du continent. Une position qui tient à un détail géographique, le siège européen du groupe se trouve à Dublin, comme celui de la plupart des poids lourds du numérique.

Le reproche porte sur la façon dont Google a obtenu le feu vert de ses utilisateurs. L’enquête, ouverte en février 2020, examinait trois fonctionnalités bien connues, l’activité sur le web et les applications, l’historique des positions et la précision de la localisation. Pour le commissaire adjoint de l’autorité irlandaise, ces informations peuvent rendre un service plus utile, mais elles dévoilent aussi énormément de choses sur quelqu’un, y compris des éléments strictement privés. Les personnes concernées pouvaient ainsi ignorer que leur position servait à leur adresser de la publicité ciblée ou à deviner leurs centres d’intérêt.

Le monde associatif attendait cette issue depuis longtemps. Dès novembre 2018, des organisations de défense des consommateurs de Norvège, de Grèce, de République tchèque, de Slovénie, de Pologne, de Suède et des Pays-Bas, coordonnées au niveau européen, avaient saisi les autorités. Elles accusaient l’entreprise de manipuler ses utilisateurs pour espionner leurs déplacements. Pour Agustín Reyna, qui dirige l’organisation européenne des consommateurs, une localisation en dit long sur une vie, l’école des enfants, les passages à l’hôpital ou les visites dans un lieu de prière. Il salue la reconnaissance de l’illégalité du consentement obtenu, tout en jugeant le délai disproportionné face à la gravité des faits. Une loi appliquée trop tard peut faire autant de dégâts qu’une loi absente, prévient-il.

Chez Google, on souligne que le dossier concerne des politiques anciennes, depuis mises à jour. Un porte-parole assure que les pratiques ont beaucoup évolué depuis 2019 et que des outils solides permettent aujourd’hui de gérer simplement ses données de localisation. L’entreprise dispose malgré tout de six mois pour aligner ses méthodes sur le règlement européen, un texte qui renforce les droits des internautes et fixe des obligations précises aux entreprises dans le traitement des données.

L’histoire ne s’arrête pas là. Trois autres enquêtes visent la firme, toutes à un stade avancé. L’une, ouverte en septembre 2024, cherche à savoir si Google peut être blâmé pour ne pas avoir mesuré l’impact de l’exploitation des données personnelles des Européens avant de s’en servir pour entraîner son intelligence artificielle. Pour l’instant, le record des sanctions reste ailleurs, avec 1,2 milliard d’euros infligés à Meta en 2023 autour du transfert de données vers les États-Unis.

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