Europe
Russie Unie rafle tout dans des législatives sans opposition
Le parti du Kremlin a décroché 355 sièges sur 450 à la Douma, selon des résultats préliminaires. Une majorité écrasante obtenue dans un scrutin où toute…


Le parti du Kremlin a décroché 355 sièges sur 450 à la Douma, selon des résultats préliminaires. Une majorité écrasante obtenue dans un scrutin où toute formation opposée à la guerre était absente.
Après trois jours de vote, Russie Unie a largement dominé les premières législatives organisées depuis le lancement de l’offensive à grande échelle contre l’Ukraine en 2022. Les chiffres tombés lundi, portant sur plus de 95 % des bureaux, offrent au parti présidentiel 355 des 450 sièges de la chambre basse du Parlement. La compétition était pliée d’avance. Seules des formations plus ou moins favorables à Vladimir Poutine et à la poursuite du conflit avaient le droit de se présenter. De l’autre côté, Iabloko, le seul parti affichant ouvertement son opposition à la guerre, avait été écarté. Le vote s’est même tenu dans les territoires ukrainiens contrôlés et annexés par Moscou.
Ce raz de marée assure au Kremlin une majorité dite constitutionnelle. Avec bien plus des deux tiers des sièges, Russie Unie peut faire adopter des amendements à la Constitution sans le moindre appui des autres groupes. Le Parti communiste russe décroche 40 sièges, le nationaliste LDPR 25 et Novye Lioudi 20. La cheffe de la Commission électorale, Ella Pamfilova, a mis en avant une participation officiellement supérieure à 59 %, un niveau jamais atteint pour ce type de scrutin, assure-t-elle. Les résultats définitifs sont attendus vendredi. Dmitri Medvedev, qui dirige Russie Unie, y voit un signe de confiance envers le pouvoir et promet de soutenir la ligne du président et de rapprocher le pays d’une victoire.
La fin du scrutin s’est déroulée sous tension. Dimanche, une attaque ukrainienne impliquant plus d’un millier de drones a tué deux personnes en périphérie de Moscou, d’après les autorités russes. Une importante raffinerie de la capitale a été endommagée. Le maire Sergueï Sobianine a dénoncé une opération pensée pour perturber les élections. Volodymyr Zelensky a de son côté jugé que ces frappes avaient eu un impact très important dans la région de Moscou. Le dirigeant ukrainien s’est entretenu par téléphone avec Donald Trump, qui lui a demandé ces derniers jours de cesser les attaques contre les raffineries russes. Les deux hommes ont convenu d’une rencontre à New York et évoqué des pistes de désescalade. Ce vote s’est tenu dans un pays sous sanctions occidentales, frappé par des pénuries d’essence et des restrictions d’internet dans plusieurs régions.
À l’étranger, la contestation s’est fait entendre. À Berlin, où vit l’une des plus grandes communautés de Russes ayant quitté leur pays, des partisans de l’opposition en exil ont manifesté en scandant des appels à la liberté et au refus de la guerre. À Londres, une centaine de personnes se sont rassemblées devant l’ambassade russe, certaines brandissant des drapeaux ukrainiens, d’autres portant des pancartes hostiles à Poutine. L’Union européenne a de son côté fustigé un climat de répression systématique et institutionnalisée.
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