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Un général taiseux aux portes du pouvoir israélien

Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major réputé pour sa discrétion, a été choisi pour former le prochain gouvernement israélien. Sa sobriété, longtemps…

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Un général taiseux aux portes du pouvoir israélien

Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major réputé pour sa discrétion, a été choisi pour former le prochain gouvernement israélien. Sa sobriété, longtemps jugée fade, pourrait bien devenir son meilleur atout dans un paysage politique éclaté.

Gadi Eisenkot n’a jamais cultivé le charisme. À 66 ans, cet ancien chef d’état-major préfère les réponses courtes aux grandes déclarations, héritage d’une vie passée dans l’armée. C’est pourtant lui qui a été désigné pour bâtir le prochain gouvernement. La mission s’annonce ardue. Il devra rallier au moins 61 députés dans une Assemblée fragmentée, à l’image d’un pays traversé de fractures profondes.

Sa carrière militaire a façonné jusqu’à sa façon de s’exprimer. Toujours vêtu de noir, peu à l’aise en anglais, il fuit les plateaux de télévision étrangers et accorde rarement plus que quelques phrases à la presse israélienne. Cette réserve contraste avec l’aisance médiatique de Benjamin Netanyahu. Mais elle lui a valu une forme de sympathie durable. La mort de son fils Gal et de deux neveux, tués lors d’opérations dans la bande de Gaza, a scellé un lien particulier avec l’opinion.

Sur le plan sécuritaire, Eisenkot reste un homme de doctrine. Il a contribué à la stratégie dite de Dahiyé, du nom d’un fief du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth, qui repose sur des frappes massives, y compris sur des zones civiles abritant des combattants ennemis. Il a aussi participé à l’élaboration de la « campagne entre les guerres », faite d’opérations ciblées destinées à retarder un conflit de grande envergure. S’il accède au poste, il promet d’en finir avec le pouvoir du Hamas à Gaza en dix-huit mois. Il refuse pour l’instant la création d’un État palestinien et veut une commission d’enquête nationale sur les défaillances sécuritaires du 7 octobre 2023.

Sa campagne, menée sous la bannière de son parti centriste Yashar, s’est voulue rassembleuse. Il a répété vouloir « rassembler à nouveau tous les Israéliens », conscient d’une lassitude après des années de polarisation. Il promet aussi de redorer l’image du pays à l’étranger, abîmée par les opérations militaires et les violences de colons en Cisjordanie occupée. Sur le terrain social, il a défendu le renforcement des droits des personnes LGBTQ+ et la protection de l’indépendance judiciaire, de l’État de droit et de la liberté de presse. Devant des représentants du sionisme religieux, il a soutenu la colonisation en Cisjordanie à condition qu’elle respecte la loi israélienne, ce qui semble écarter les avant-postes illégaux. Il veut également limiter les exemptions de service militaire dont bénéficient les ultra-orthodoxes.

Fils de Juifs marocains, élevé dans un milieu modeste à Eilat, dans le sud du pays, il pourrait devenir le premier chef de gouvernement séfarade. Un symbole face à Benjamin Netanyahu, figure d’une élite ashkénaze historiquement dominante.

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