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Merz tient bon malgré la claque électorale et la pression de l’extrême droite

Le chancelier allemand Friedrich Merz promet de poursuivre sa coalition avec les sociaux-démocrates, malgré une série de défaites qui fragilisent son…

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Merz tient bon malgré la claque électorale et la pression de l'extrême droite

Le chancelier allemand Friedrich Merz promet de poursuivre sa coalition avec les sociaux-démocrates, malgré une série de défaites qui fragilisent son autorité. En seize mois de pouvoir, il doit composer avec une extrême droite en pleine ascension et une gauche radicale qui gagne du terrain.

Devant la presse réunie à Berlin, Friedrich Merz a choisi la fermeté. Le chancelier a promis lundi de maintenir son gouvernement aux côtés des sociaux-démocrates, convaincu que l’enjeu dépasse sa propre personne. Pour lui, il y va de « l’avenir démocratique » de l’Allemagne. Une formule lourde de sens, lui qui a rappelé que son camp avait tourné la page du nationalisme aux côtés de Konrad Adenauer, le chancelier chrétien-démocrate qui avait incarné la rupture avec le régime nazi après la chute d’Adolf Hitler. Maintenir le pays fermement ancré dans la politique européenne, voilà ce qu’il présente comme une mission historique.

Le dirigeant conservateur, âgé de 70 ans, traverse pourtant une passe très difficile. Trois revers électoraux en septembre ont nourri les spéculations sur sa longévité au pouvoir. Le week-end a porté un coup supplémentaire avec l’élimination de son parti, la CDU, de l’assemblée régionale du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, faute d’atteindre le seuil des 5%. Du jamais-vu pour un État régional depuis 1945. Dans cette région du nord-est, l’AfD, formation antimigrants et prorusse, est arrivée en tête mais sans alliés, ce qui laisse une coalition de gauche former l’exécutif local.

À Berlin, la donne inquiète tout autant. La gauche radicale Die Linke devance la CDU avec près de 26% des voix contre environ 19%, et se trouve en position de lui ravir la mairie. L’AfD progresse fortement, au-delà de 16%. Ces deux défaites s’ajoutent à celle du 6 septembre en Saxe-Anhalt, où l’AfD l’avait emporté. À chaque scrutin, les mêmes questions ressurgissent sur l’avenir du chancelier.

Le camp adverse ne se prive pas de l’annoncer. Leif-Erik Holm, figure de l’AfD en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, prédit que Friedrich Merz « ne tiendra certainement pas jusqu’à la fin de l’année ». Selon lui, « le crépuscule du chancelier a commencé ». Alice Weidel, co-dirigeante du parti, estime même que sa formation a déjà « remplacé » la CDU comme grand parti populaire. Les sondages nationaux lui donnent raison, l’AfD frôle les 30%, une dizaine de points devant les conservateurs. La popularité du chancelier, elle, plonge. Son impopularité flirte avec les 90%, un record. Sa promesse de relancer une économie moribonde et de reprendre des voix à l’AfD grâce à sa politique migratoire n’a pas produit les effets attendus. Quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote dimanche, il avait tenté d’éteindre le débat sur son avenir en rappelant qu’il restait « président de la CDU » et « chancelier », tout en reconnaissant « un désastre » électoral.

Les défis économiques restent en effet immenses. L’industrie automobile supprime des milliers de postes, et le syndicat IG Metall organise lundi une journée d’action nationale pour défendre l’emploi et les sites de production. La stagnation s’explique par un manque d’innovation, la concurrence chinoise, des dépenses sociales en hausse et des prix de l’énergie tirés vers le haut par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. Friedrich Merz jure de maintenir le cap de ses réformes et reconnaît un sérieux problème d’adhésion, ne parvenant plus à toucher une partie importante de la population.

Gouverner sans les sociaux-démocrates reste impossible pour lui. Lars Klingbeil, leur dirigeant et ministre des Finances, appelle à revoir la copie. « Nous restons engagés dans cette coalition, mais on ne peut pas continuer comme ces derniers mois », a-t-il prévenu, rejetant une approche qui consisterait à foncer « tête baissée contre le mur ». Le chancelier, lui, se montre prudent sur d’éventuelles modifications. Il préfère discuter avec ses partenaires de la manière de continuer ensemble, convaincu que c’est la bonne voie. Pour Marc Debus, politiste de l’Université de Mannheim, la partie s’annonce compliquée, car les mauvais résultats de la CDU sont étroitement liés au travail du gouvernement fédéral et du chancelier.

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