Politique
La France déploie son bouclier face aux attaques hybrides russes
Attaques de drones, opérations informatiques, sabotages. Paris prend la mesure de la pression russe sur ses sites les plus stratégiques et prépare un plan…


Attaques de drones, opérations informatiques, sabotages. Paris prend la mesure de la pression russe sur ses sites les plus stratégiques et prépare un plan pour les protéger.
Le sujet a pris de la hauteur, jusqu’au sommet de l’Etat. Après une réunion à l’Elysée avec les responsables de partis et les candidats à la présidentielle de 2027, Emmanuel Macron a prévenu que la manière dont la Russie agresse l’Europe n’a plus grand-chose à voir avec ce que l’on connaissait jusqu’ici. Il a donc demandé à son gouvernement de bâtir un plan destiné à protéger les infrastructures critiques du pays. Le périmètre ne s’arrête pas aux réseaux électriques ou aux bâtiments officiels. Il englobe aussi les sites les plus sensibles de la base industrielle et technologique de défense, ces usines et ces bureaux d’études dont dépend l’armement français. Deux types d’offensives sont particulièrement dans le viseur, les attaques de drones et les attaques informatiques.
Laurent Nuñez a enfoncé le clou. Pour le ministre de l’Intérieur, la menace est bien réelle, solidement documentée, et faire comme si elle n’existait pas serait irresponsable. Il souligne que la quasi-totalité des services de renseignement européens, français compris, ont décrit et qualifié cette guerre hybride menée par la Russie. Deux épisodes viennent appuyer son propos. Un drone bourré d’explosifs repéré près de l’aéroport allemand de Leipzig en août, et des survols d’aéroports européens observés ces derniers mois. Côté français, le constat reste plus tempéré. Aucun survol de drone n’a été enregistré sur le territoire, pas plus qu’un sabotage majeur. En revanche, des attaques cyber ont bien visé le pays.
La réponse se veut donc concrète. Le plan de protection des infrastructures se décline sur le terrain, avec une cartographie des sites à surveiller. Les opérateurs prennent eux-mêmes des mesures, des rondes et des patrouilles de sécurité intérieure sont déployées, et des contacts directs existent entre les services de renseignement et ces exploitants. La logique est simple. La guerre hybride s’en prend aux réseaux d’infrastructures et à cette base industrielle de défense qui soutient l’Ukraine. Autrement dit, frapper ces sites, c’est tenter d’affaiblir indirectement le soutien apporté à Kiev.
Un dossier reste toutefois en suspens. Le déraillement d’un TER en Normandie le 11 septembre, vraisemblablement provoqué par un élément présent sur la voie, entre-t-il dans cette catégorie d’opérations ? Aucune piste n’est écartée, répond le ministre, sans s’avancer davantage. L’enquête suit toujours son cours et le parquet s’exprimera le moment venu. Pour l’instant, rien de plus ne filtre.
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