Politique
L’Europe dans le viseur de Trump après les amendes records contre Google
Le président américain promet des taxes punitives et une enquête commerciale. En cause : les lourdes sanctions infligées par l’UE aux géants de la tech…


Le président américain promet des taxes punitives et une enquête commerciale. En cause : les lourdes sanctions infligées par l’UE aux géants de la tech américaine.
Donald Trump hausse le ton face à Bruxelles. Vendredi, il a annoncé vouloir imposer de nouveaux droits de douane à l’Union européenne et lancer une enquête pour pratiques commerciales déloyales. Sa colère a un déclencheur précis : l’amende de 890 millions d’euros infligée à Google par l’UE jeudi. C’est la plus grosse sanction jamais prononcée au titre du règlement européen sur les marchés numériques, une loi conçue pour empêcher les abus de position dominante des grandes plateformes.
Le président américain a posté un message cinglant sur Truth Social. Il accuse l’Europe de se comporter de manière « illégale et hautement immorale » en « dépouillant les entreprises américaines ». Il menace d’activer l’article 301 de la loi sur le commerce de 1974, un outil qui permet aux États-Unis d’enquêter sur les pratiques étrangères jugées discriminatoires et de riposter par des surtaxes. « Les États-Unis ne sont pas une vache à lait pour l’Europe », a-t-il ajouté, promettant des « droits de douane substantiels » sur les produits européens.
Cette menace tombe le jour même où une première vague de taxes américaines entre en vigueur, visant une soixantaine de partenaires dont l’UE. Les exportations européennes sont déjà frappées d’une surtaxe de 10 %. Depuis que la Cour suprême a invalidé une partie de ses mesures commerciales en février, Donald Trump cherche à les rétablir par d’autres voies. De son côté, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a jugé que la sanction contre Google créait une « incertitude majeure » pour les relations transatlantiques. Les responsables européens, eux, assurent que leur régulation ne cible pas spécifiquement les entreprises américaines. La vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen, a défendu une décision visant à garantir « un terrain de jeu équitable » pour toutes les entreprises en ligne. Google, de son côté, critique une amende qui risque de dégrader des services appréciés des utilisateurs, même si elle ne représente que 0,22 % de son chiffre d’affaires mondial.
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