Politique
Attal s’invite en Bretagne pour planter les graines de sa présidentielle
L’ancien Premier ministre a entamé un déplacement de trois jours en Bretagne pour prouver qu’il est le plus déterminé de tous. Entre promesse d’un…


L’ancien Premier ministre a entamé un déplacement de trois jours en Bretagne pour prouver qu’il est le plus déterminé de tous. Entre promesse d’un treizième mois et critiques sur le manque d’adaptation au climat, il cherche à séduire les classes moyennes qui travaillent.
Gabriel Attal a débarqué jeudi à la criée de Brest, au milieu des bacs de lotte et de langoustes. Il a déambulé sur les quais, serré des mains et posé des questions aux pêcheurs. « Qu’est-ce qu’on peut faire pour aider la filière ? », a-t-il lancé. Un goémonier, Yvon Troadec, l’a interpellé sur la chute des récoltes d’algues à cause du réchauffement climatique. Le pêcheur n’a pas caché son scepticisme : « Je n’ai aucune illusion » d’avoir été entendu. Mais Attal, lui, veut montrer qu’il ne ralentit pas. Son entourage le dit clairement : « Il en a plus envie que les autres. Il trace sa route, fort et vite. » Face à lui, Edouard Philippe, son concurrent direct, s’est lui aussi rendu dans l’Ouest la semaine dernière, de Guérande à La Baule. Les deux anciens Premiers ministres de Macron se disputent le même électorat, et certains craignent que cette rivalité n’efface le centre et la droite au second tour de la présidentielle.
Pour se démarquer, Attal mise sur des propositions concrètes et un agenda de campagne qui ne s’arrête pas en été. Il promet l’équivalent d’un treizième mois pour les salariés de la classe moyenne, soit 250 euros supplémentaires par mois pour ceux qui touchent 2200 euros net. Un moyen selon lui de réduire l’écart entre salaire brut et net, et de ne pas laisser ce thème à la gauche. Il veut aussi parler du quotidien, là où les candidats vont rarement. Fin juillet, il évoquera la gestion de l’eau à Annecy, la situation des gens du voyage en Vendée, ou encore l’abandon des animaux de compagnie. En août, il prévoit de visiter un quartier prioritaire et une colonie de vacances, puis de rencontrer des mamans solos. Autant de sujets qui semblent loin des grands meetings, mais qui lui permettent de tisser un lien direct avec les Français qui travaillent, y compris en plein mois d’août.
Sur le fond, Attal assume une ligne singulière, tout en prenant ses distances avec Emmanuel Macron. Il juge que son camp n’est pas allé assez loin sur l’adaptation au changement climatique, pointant les épisodes de canicule. Il reconnaît aussi un « trouble » chez les députés Renaissance après la réintroduction dérogatoire de deux pesticides dans la loi agricole. Mais il défend son ADN et promet un vrai rassemblement « début 2027 ». En attendant, il poursuit sa route en Bretagne, avant de dévoiler fin août son quatrième chantier sur l’éducation et de lancer son équipe de campagne. Le premier meeting régional est déjà fixé : ce sera le 10 octobre à Lyon. D’ici là, Attal veut convaincre sur le terrain, sans facilité, dit-il, mais avec l’envie de ne rien lâcher.
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