Politique
Monique Barbut claque la porte puis la rouvre en une journée
La ministre de la Transition écologique a annoncé sa démission sur LinkedIn pour protester contre une mesure sur les pesticides. Mais le président Macron…


La ministre de la Transition écologique a annoncé sa démission sur LinkedIn pour protester contre une mesure sur les pesticides. Mais le président Macron a refusé son départ, et elle reste finalement en poste.
Le feuilleton a duré quelques heures à peine. Mercredi matin, Monique Barbut annonce sur le réseau professionnel qu’elle quitte le gouvernement. Motif : son désaccord avec la version finale de la loi d’urgence agricole, notamment un article controversé qui autorise le retour de deux pesticides interdits. Mais dans l’après-midi, son cabinet confirme qu’elle reste finalement à la demande d’Emmanuel Macron. Le chef de l’État lui aurait promis son soutien. Un revirement qui fait grincer des dents. L’opposition dénonce une « honte transpartisane ». Des associations écologistes réclament des explications claires sur ce qui a convaincu la ministre de rester.
Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est une mesure précise. Le Parlement a voté une loi d’urgence agricole qui permet à l’Agence de sécurité sanitaire de réintroduire, sous conditions, l’acétamipride et le flupyradifurone. Pour Monique Barbut, c’est une rupture avec le principe de précaution. La France avait interdit l’acétamipride en 2016, sur la base d’expertises scientifiques. Depuis, les doutes sur ses effets pour la santé humaine et l’environnement persistent, selon elle. Elle dénonce un texte voté sans débat, qui passe outre les engagements pris. Les filières de noisettes, cerises et betteraves réclamaient ces produits pour tenir le temps que des alternatives arrivent. Mais pour la ministre, le gouvernement a cédé à la pression au détriment de l’écologie.
Cette crise illustre un basculement plus large. Depuis la pandémie et la guerre en Ukraine, la priorité est à la souveraineté agricole. Produire plus, quitte à desserrer certaines contraintes environnementales. Emmanuel Macron, qui promettait en 2017 de sortir du glyphosate et d’atteindre 50% de bio dans la restauration collective, n’a pas tenu ses objectifs. Monique Barbut, ancienne présidente du WWF France et haute fonctionnaire internationale, avait déjà menacé de démissionner en début d’année. Elle n’a pas supporté les coupes budgétaires et la réintroduction de projets d’hydrocarbures. Cette fois, elle a hésité, puis cédé. Elle promet de se concentrer sur la protection des forêts, de l’eau et la réduction de la pollution au cadmium. Reste à savoir si elle pourra vraiment peser.
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